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PATRIMOINE : 1000 ANS DE NOS CHANTS POPULAIRES

  • Dominique Neirynck
  • 18 mars
  • 9 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 sept.

Néerlandicité 14

Chants populaires de Flandre française

À Edmond de Coussemaker

Edmond de Coussemaker est le sauveur du patrimoine musical populaire de Flandre française.



Voici quelques années les “Prout” revigoraient le répertoire du carnaval de Dunkerque en créant une (longue) série de chansons nouvelles qui — magie du Carnaval — seront immédiatement reprises par les dizaines de milliers de Carnavaleux. Elles forment la 3e génération du répertoire. La 2e fut constituée de chansons en dunkerquois, qui constituent aujourd’hui le corps principal du répertoire. Et la 1re génération ? C'est en flamand : on doit sa mémoire à Edmond de Coussemaker. Comme au cours de la 2e moitié du 20e siècle Paul Van Nevel l’a pratiqué dans toute l’Europe pour faire revivre la polyphonie flamande, comme en Corse Jean-Paul Poletti, Alain Minicale, Ghjuliu Bernardini l’ont pratiqué pour sauver et faire revivre le patrimoine polyphonique corse, Edmond de Coussemaker a transcrit l’ensemble du fonds musical populaire flamand de Flandre française, tel qu’il s’exprime au 19e siècle en Flandre, entre Lille et Dunkerque.


Juriste et ethno-musicologue…

Edmond de Coussemaker naît à Bailleul (Belle) le 19 avril 1805. Il mourra à Lille le 10 janvier 1876. Sa famille est tournée vers le droit : après le lycée de Douai (Dowaai) il étudie le droit à Paris. Il est exceptionnellement doué pour la musique et suivra des formations en violon, chant, harmonie, composition, contrepoint. En marge de ses études à Paris, il chante dans les salons des Comtesses Merlin, Méroni, de Sparre. Il y croise les grands artistes : Balzac, Liszt, Musset. Revenu à Douai (Dowaai), il lance un orchestre, souvent pour jouer ses propres œuvres (messe, motets, chants, opéra). Comme magistrat il débute à Bergues (Sint Winoksbergen) comme Juge de Paix en 1843 ; il devient ensuite juge à Lille, après un passage par Hazebrouck. Il s’installe à Bourbourg (Broekburg), dont il est maire en 1874. Il est considéré comme un monarchiste constitutionnel libéral.

Edmond de Coussemaker.
Edmond de Coussemaker.

1855 : "Chants Populaires des Flamands de France"

En 1853 il crée le Comité Flamand de France, chargé de promouvoir la culture flamande. En 1855 il fait paraître à Gand (Gent) chez Gyselinck son Chants Populaires des Flamands de France : 150 chants, résultat d’un immense travail de recherche sur le terrain… Les chants sont recueillis de la bouche des gens. Il publie par ailleurs de nombreux livres sur l’histoire ou sur la musique, notamment sur la polyphonie, qu’il appelle l’"harmonie". Sa bibliothèque est remarquable... 1600 livres ou documents (dont des partitions polyphoniques de 1500), pour la plupart aujourd’hui à la Bibliothèque Royale de Belgique et au Conservatoire Royal de Bruxelles.


4 rééditions successives

Les Chants Populaires des Flamands de France sont réédités :

  • en 1930 chez Giard à Lille,

  • en 1971 chez Olms à Hildesheim et New York,

  • en 1976 et 1987 chez Malegijs à Kemmel.

1 édition abrégée est éditée :

  • à Lille chez Giard (31 chansons) en 1930.

J'en extrais les 10 chansons qui suivent :

  • Ali-Alo, air de travail des ouvriers ;

  • 't Carillon van Duynkerke ;

  • Den Droogen Haring (le hareng saur), chanson dunkerquoise ;

  • De Kadulletjes (les compagnons) ;

  • Kaperslied (chant des corsaires) ;

  • Moeder Porret, chanson de Carnaval ;

  • Het Pintje (la petite pinte), chanson de marins dunkerquois ;

  • Reuzelied (le chant du Géant), un chant plus que millénaire ;

  • De Twaelf Glazen ;

  • Vertrek naer Island.


Un souvenir extraordinaire. Et une proposition

Elles me laissent le souvenir de dizaines de sorties entre 15 et 25 ans, au cours desquelles on pouvait se lancer collectivement dans ces chants et les partager. Dans la rue, à Carnaval, dans les cabarets, chez des amis. Un souvenir extraordinaire. Proposition : que quelques avenues de grandes villes portent son nom, et non seulement une rue de Bourbourg (Broekburg) et une rue de Bailleul (Belle).



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'T Carillon van Duynkerke

Een kalemanden rok,

Een wit mantlyntje d’rop…

En weet je waer dk’ weun ?

Al in Sint Gillis dorp.

Een lynwaden kazakje,

Een biezeboomen rok…

En zou’k daermeë niet lachen ?…

De fruytpan op zyn kop !

Un jupon de calemande,

Par dessus, un manteau blanc…

Et sais-tu où j’habite ?

Dans le quartier Saint-Gilles.

Une casaque en toile,

Un jupon de nattes…

Qui ne rirait de ça ?…

La poêle à frire sur la tête !


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Den Droogen Haring

Al van den droogen haring willen wy zingen.

Ter eere van zyn kopje zullen wy springen.

’T is van zyn kop

Springt al maer op!

’T is van den droogen haring!


Al van den droogen haring willen wy zingen.

Ter eere van zyn oogje zullen wy springen.

’T is van zyn oog

Springt al maer hoog!

’T is van den droogen haring!


Al van den droogen haring willen wy zingen.

Ter eere van zyn balgje zullen wy springen.

’T is van zyn balg

Springt al maer half!

’T is van den droogen haring!


Al van den droogen haring willen wy zingen.

Ter eere van zyn stertje zullen wy springen.

’T is van zyn stert

Springt al met hert!

’T is van den droogen haring!


C’est le hareng saur que nous voulons chanter.

En l’honneur de sa tête nous voulons danser.

C’est pour sa tête,

Sautez en l’air !

C’est pour le hareng saur !


C’est le hareng saur que nous voulons chanter.

En l’honneur de son oeil nous voulons danser.

C’est pour son œil,

Sautez bien haut !

C’est pour le hareng saur !


C’est le hareng saur que nous voulons chanter.

En l’honneur de son ventre nous voulons danser.

C’est pour son ventre,

Sautez à moitié !

C’est pour le hareng saur !


C’est le hareng saur que nous voulons chanter.

En l’honneur de sa queue nous voulons danser.

C’est pour sa queue,

Sautez à cœur joie !

C’est pour le hareng saur !


Exemples, pour la mélodie : https://www.youtube.com/watch?v=pqs5KFAYCY0. Version de Wannes Van de Velde : https://www.youtube.com/watch?v=5hvcwmTm_Kk


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De Kadulletjes

Wy zyn al byeen,

Al goe kadulletjes

Wy zvn al byeen,

Al goe kadulletjes, groot en kleen.

Zou me nie meugen ä pintje drinken,

Zonder daerom dronkaerd te zyn ?

Zou me nie meugen ä tutje nemen,

Zonder daerom ä dief te zyn ?

Les Compagnons

Nous voilà tous réunis, joyeux compagnons ; nous voilà tous réunis, joyeux compagnons, grands et petits. Ne pourrions-nous boire une pinte, sans être ivrogne ? Ne pourrions-nous prendre un baiser, sans être voleur ?


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Kaperslied

Al die willen te kapr’ren varen,

Moten mannen met baerden zÿn.

Jan, Piet, t’Jores en Corneel,

Die hebben baerden (bis),

Jan, Piet, t’Jores en Corneel,

Die hebben baerden,

Ze varen meê…

Chant des Corsaires

Tous ceux qui veulent naviguer pour la course

Doivent être des hommes avec une barbe.

Jean, Pierre, Georges et Cornil,

Qui ont d’la barbe (bis),

Jean, Pierre, Georges et Cornil,

Qui ont d’la barbe,

Ils naviguent avec nous.


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Moeder Porett

Ik en gy, moeder Porret,

Koffy drinken,

Ä druppeltje schenken.

Ik en gy, moeder Porret,

Koffy drinken met suikerde pek.

Mémère Poireau

Toi et moi, Mémère Poireau,

Buvons le café

Versons une goutte.

Toi et moi, Mémère Poireau,

Buvons le café avec des tablettes de réglisse.


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Het Pint'je

Drink ik ä pint’je,

'k Drinken 'lyk ä zwynt’je.

Drink ik ä kannet’je,

'k Drinken 'lyk ä mannet’je.

Drink ik ä stoopt’je,

'k Vollen in ä hoopt’je.

Nooyt van me leven meer,

'k En drinken geen genever meer.

La Pinte

Si je bois une pinte,

Je bois comme un petit porc.

Si je bois une cannette

Je bois comme un homme.

Si je bois un pot,

Je m’effondre.

Jamais de ma vie,

Je ne boirai plus de genièvre.


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De Reuzelied

Als de groote klokke luyd de klokke luyd,

De Reuze komt uyt.

Keere u e's om, de Reuze, de Reuze ;

Keere u e's om,

Reuzekom.

2. Moeder, hangt den pot op 't vier,

De Reuze komt hier.

Keere u e's om, de Reuze, de Reuze,

Keere u e's om,

Reuzekom.

3. Moeder, snyd een boteram,

De Reuze is gram.

Keere u e's om, de Reuze, de Reuze,

Keere u e's om,

Reuzekom.

4. Moeder, ontsteekt het beste bier ?

De Reuze is hier.

Keere u e's om, de Reuze, de Reuze,

Keere u e's om,

Reuzekom.

5. Moeder, stopt al ras het vat

De Reuze is zat.

Keere u e's om, de Reuze, de Reuze,

Keere u e's om,

Reuzekom.

6. Moeder, geef maer kaes ’n brood,

De Reuze is dood.

Keere u e's om, de Reuze, de Reuze,

Keere u e's om,

Reuzekom.

1. Quand la grosse cloche sonne, le Reuze sort.

Tourne sur toi, Reuze, Reuze,

Tourne sur toi, Reuze viens.

2. Mère, mets le pot au feu,

Le Reuze arrive.

Tourne sur toi, Reuze, Reuze,

Tourne sur toi, Reuze viens.

3. Mère, coupe une tartine,

Le Reuze est en colère.

Tourne sur toi, Reuze, Reuze,

Tourne sur toi, Reuze viens.

4. Mère, tire la meilleure bière,

Le Reuze est ici.

Tourne sur toi, Reuze, Reuze,

Tourne sur toi, Reuze viens.

5. Mère, arrête vite le tonneau,

Le Reuze est saoul.

Tourne sur toi, Reuze, Reuze,

Tourne sur toi, Reuze viens.

6. Mère, donne pain et fromage,

Le Reuze est mort.

Tourne sur toi, Reuze, Reuze,

Tourne sur toi, Reuze viens.

Exemple, pour la mélodie : https://www.dailymotion.com/video/xgrg4w


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De Twaelf Glazen

‘k nemen uyt het glazeken een (Je prends d’abord le verre Un.)

Een is geen. (Un ce n’est rien)

Jan domme ! Laet me drinken uyt

Me glazeken, alleen. (Laisse-moi boire mon verre.)

‘k nemen uyt het glazeken twee

Twee om een. (Deux pour un.)

Enz.

Jan domme ! Enz.

‘k nemen uyt het glazeken drie

Drie om twee. (Trois pour deux.)

Enz.

Jan domme ! Enz.

‘k nemen uyt het glazeken vier

Vier is me manier. (Quatre c’est mon genre.)

Enz.

Jan domme ! Enz.

‘k nemen uyt het glazeken vyf

Vyf doe me blyv’n. (Cinq me fait rester.)

Enz.

Jan domme ! Enz.

‘k nemen uyt het glazeken zes

Zes ‘k doe myn best. (Six je fais au mieux.)

Enz.

Jan domme ! Enz.

‘k nemen uyt het glazeken zeven

Zeven is me leven. (Sept ça me fait vivre.)

Enz.

Jan domme ! Enz.

‘k nemen uyt het glazeken acht

Acht geeft me magt. (Huit ça me donne des forces.)

Enz.

Jan domme ! Enz.

‘k nemen uyt het glazeken negen

Negen doe me beven. (Neuf ça me fait trembler.)

Enz.

Jan domme ! Enz.

‘k nemen uyt het glazeken tien

Tien ’t is om te zien. (Di, faut voir.)

Enz.

Jan domme ! Enz.

‘k nemen uyt het glazeken elf

Elf, ‘k drink ’t zelv. (Onze je reprends le même.)

Enz.

Jan domme ! Enz.

‘k nemen uyt het glazeken twaelf

Twaelf, ‘k moet ’t wolken. (Douze ça me répugne.)

Elf, ‘k drink ’t zelv.

Tien ’t is om te zien.

Negen doe me beven.

Acht geeft me magt.

Zeven is me leven.

Zes ‘k doe myn best.

Vyf doe me blyv’n.

Vier is me manier.

Drie om twee.

Twee om een.

Een is geen.

Jan domme ! Enz.

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Vertrek naer Island

1. Alle die willen naer Island gaen,

Om kabeljauw te vangen

En te visschen verlangen.

Naer Iseland (bis), naer Iseland toe !

Tot driendertig reyzen zy zyn nog niet moê.

2. Als den tyd van de foye komt aen,

Wy dansen met behagen

En me weten van geen klagen.

Maer komt den tyd (bis) van naer zee te gaen,

ledereen is al met een zoo zwaer hoofd belaên.

3. Alser de wind van het noorden waeyt,

Wy gaen naer de herberge

En wy drinken zonder erge.

Wy drinken daer (bis) al op ons gemak

Tot dat den lesten stuyver is uyt onzen zak.

4. Alser de wind van het oosten waeyt,

Den schipper, bly van herten,

Zegt: “Wat Willen wy laveren ?

t Zal beter zyn (bis), ja 't zal beter zyn

Te loopen voor de wind regt de canele in.”

5. Langs de Leezaers en de Schorels voorby ;

Van daer al naer Cap Claire,

Die niet weet, hy zal wel leeren.

Toen komter by (bis) onzen stiereman,

En hy geeft ons de coers regte naer Iseland.

6. Dan loopen wy 't eyland Rookol voorby :

Al naer de Vogelscharen

Dan kan ieder openbaren,

En van daer naer (bis) den hock Bredefiort

Daer smeten wy de kollen al buyten bord.

Départ à Islande

1. Tous ceux qui veulent aller à Islande

Pour prendre des cabillauds

Et pour pêcher avec plaisir.

A Islande, à islande !

Après trente-trois voyages, ils ne sont pas encore fatigués.

2. Quand vient le moment de faire la fête

On danse à l’aise

Et personne ne se plaint.

Mais vient le moment d’embarquer,

Chacun se sent la tête lourde.

3. Si le vent est au nord,

On va à l’auberge

Et nous buvons sans que ce soit grave.

4. Si le vent souffle à l’est,

Le marin, le cœur joyeux,

Dit “Pourquoi louvoyer ?

Ce sera mieux, oui ce sera mieux

D’aller droit vent en poupe par la Manche.

5. Nous doublons le cap Lézard et les iles Sorlingues ;

De là cap au Cap Claire,

Celui qui ne sait pas, il apprendra vite.

Alors intervient notre pilote

Et il nous trace la route directement à Islande.

6. Alors nous doublons l'Île Rokol et l'Île des mauves.

De là nous entrons dans le Bredefjörd où nous jetons les hameçons.


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