top of page

"VISSCHERSBENDE"— CARNAVAL DE DUNKERQUE

  • Dominique Neirynck
  • 17 mars
  • 27 min de lecture

Dernière mise à jour : 24 août

Néerlandicité 15

"Depuis troâ joû..." : des Aî’ d’la Bonde et poû’ les Chapelles

À Dominique Hardebolle, qui nous manque

Dominique Hardebolle
Dominique Hardebolle

Duyn-kerk… Dunkerque : fondée voici 1000 ans sur une dune (duyn en flamand), autour d’une source près de laquelle on construit une église (kerk en flamand).

Carnaval apparaît dans toute l’Europe au haut Moyen-Age, pour précéder la période de Carême. Dunkerque participe à la fête… et la poursuit pendant 10 siècles sans interruption. La période de la pêche à Islande renforce la tradition.

Pour les références on se reportera aux nombreuses Bibles dunkerquoises, parmi lesquelles : Les enfants de Jean Bart de Jean Denise (1977), Paroles de Dunkerquois des Pénelècres (2000), Carnaval de Dunkerque, Ben, qu’est ça dit ? de Christophe Paulino, Catherine et Bernard Desjeux. Le travail de Jean Denise est unique, par le choc de fierté qu’il déclencha et par la qualité de ses recherches. Quant à Christophe Paulino et ses complices auteurs (Bertrand Boutelier, Patrick Doyen, Vincent Doyen, Philippe Ryckeboer, Jean Wispelaere), contre toute attente et de manière créative et magistrale, ils renouvellent le répertoire à la toute fin du 20e siècle. Il faut aussi saluer le travail des Pènelècres et de Michel Goetghebeur (décédé en 2023) pour entretenir et enrichir le dunkerquois.

Mes premiers souvenirs sont ceux des années de jeunesse, quand Roch Vandromme, Dominique Hardebolle et d’autres encore inventent l’après-Bande de Malo, moment rare quand la ville nous appartient, suivis par des centaines de carnavaleux. Et, plus loin encore, quand mes grands-parents, qui reposent au cimetière de Malo, ouvrent leur chapelle de la rue de Saint-Quentin : ah, dès l’âge de 4 ans, le souvenir de la Bande, vue du 1er étage, qui à l’époque passe de la place Delta à la place Turenne par la plus étroite rue de Malo… un temps infini : tambour-major puis fifres puis cuivres et tambours puis chasse-nesjes puis premières lignes puis masqueloeres par milliers !

Voici les textes des chansons du carnaval que j’avais mis en forme pour Emilie et Marie, qui paraissent en 2004 dans un livret titré Depuis Troâ Joû… Des Aî’ d’la Bonde et poû’ les Chapelles. L’ABCD (Association des Bals du Carnaval de Dunkerque), qui regroupe les sociétés philantropiques du Dunkerquois, accueille, soutient, diffuse le livret, à 5000 exemplaires. Aucune forme de rémunération, ni directe ni indirecte, ne résultera de ce travail et le bénéfice de la vente de ce livret sera destiné aux œuvres de charité de l’ABCD.




Avê'tis'mont

"Eigen vriedom…"

Un m’tit brieftje asteû’ poû’ t’dî’ que c’boekje t’est strictemont réservé, que tu soyes kliestre, driveû’ ou chôleû’, kaeyepoepre, wysjetablier, bakkre, kykkebye ou berlou, bazenne, koekemêpre, beuschkemakre, sukrebec ou même snoeprerae’r, Masqueloe’r, kreullebolle, penelêkre, straetepoppe, riptje-raptje, schaille, pastre, koestre, potjerolle, campeû’r, vuleheule, kopjeraze, kolebietre, moedre, kreupelae’r, kaeyelopre, oetepoep, krommepatte ou krommenek ou krommeneuze, cisse-flut’, minckeû’, bie’rbuck, kapre, sleuvre ou leukebonne.

Et quel que soye ton caractê’ : groemeû’, babbelae’r, Pietjecontroye, leuleman, klottebreck, miteparlote, toereloe’r, blackboy, zwatelae’r, zot ou brak, kadeule, ratepatate, schietebroeck, coicasin ou casin-modèle, mitjemouille, hardebolle, curieuse neuze, deule, leughenae’r, lapeteute, fô’ n’axieux, peck’broeck, snustrerae’r, klope des pieds, cale madame. On peut même euh l’lî’ à tout âge : du boetje kadeul’ et du kreutje à ma matonte et à mon mononcle, en passont pâ’ les doubles mousses et les yountjes.

Et quelle que soye ton origine, cause euh qu’les nouveaux Dunke’rkois (*) y font un joû’ Ca’rnaval et y d’viennent alô’ frê’ euh d’la côte (même si c’est p’us dû’ poû les watjousseï…).

Attontion ! Ces chonsons ne sont ni du betjebouli ni du meul’dekoeck, du beultekaese, du bloemepap’, et oncô’ moins du spritjepap’ ou du krakelintje, du peck ou du pisjeloe’r. Tu peux les répéter en buvont un aboâ’ : tasje café, kèvre, pintje bier, chocolat minck, chômeû’, courte boisson, dropeltje. Et que déyô’ t’es koed ou t’es warm.

All’ sont r’commondées poû’ faî’ des beurtjes ou la beuschkeskool. Asteû’, à ton bâtje, à ton stôkje et ton berguenae’r, ton klakkebusse, tes klêtjes et ton teutre ! Fais ton best en ä noste keer !…

AVERTISSEMENT

"A chacun sa liberté…"

Un petit mot pour vous dire à ce stade que ce livret vous est strictement réservé, que vous soyez grand niais, traîneur de rue – avec ou sans but –, docker, amoureux du ménage, boulanger, myope ou loucheur, femme de patron pêcheur, cuisinier, écolier buissonnier, consommateur ou même abuseur de sucre, masqué, frisé, employé de bureau, fille de rue, vivant de tout et de rien, voyou, curé, instituteur, ivre, moins que rien, souillon, crâne rasé, livreur de charbon, mère de famille, boiteux, employé du port, épuisé de faire l’amour, jambe cagneuse ou cou tordu ou nez de travers, dégingandé, crieur de poisson, ventru, corsaire, négligé ou chanceux.

Et quel que soit votre caractère : râleur, bavard, contrariant, traînard, enquiquineur, volubile, doux dingue, dilettante, bon vivant, fou ou exalté, grand benêt, fruste, poltron, casse-pieds (faiblement ou fortement), mêle-tout, têtu, indiscret, enragé, menteur, mou, pointilleux, pot de colle, fouineur, lent, maniérée.

On peut même le lire à tout âge : du bébé et du gosse aux tantes et oncles, en passant par les adolescents et les jeunes.

Et quelle que soit votre origine, car les nouveaux Dunkerquois participent un jour au Carnaval et deviennent des gars du pays (même si c’est plus difficile pour les Anglais…).

Attention ! Ces chansons ne sont ni du bœuf bouilli ni de la miette de gâteau, du fromage de tête, de la bouillie à la farine, et encore moins de la bouillie épaisse ou du graillon, du vinaigre ou du café repassé. Vous pouvez les répéter en consommant une boisson : café, genièvre, bière, chocolat au lait, vin rouge, alcool fort, pousse-café. Et qu’à l’extérieur il fasse froid ou chaud.

Elles sont recommandées pour faire un tour dans la Bande ou pratiquer l’école buissonnière. Et maintenant, à votre chandail de marin, votre bâton et votre parapluie, votre sarbacane, vos déguisements et votre trompette ! Faîtes de votre mieux et à la prochaine !…"


ree

Sommaire

LA MEÊ…

CAP SÛ’ ISLANDE

NESJE EUH L’PECHEÛ'

ROSE LA POISSONNIEÊ

STONCE AU ZHARONG

DONNE UN ZOTJE

LA BONDE, LA FOYE, LES MASQUELOE’R, CA’RNAVAL…

L'AÎ' D’LA BONDE

L’APRES-BONDE

TON BESTE KLÊTJE !

LA CABA’TCHIEÊ’

LA CITADELLE

LA CLIQUE ALL’ DONNE

HOMMAGE AU CÔ

EST-C’QUE T’AS PAS VU LA BONDE ?

FIGUEMAN’

FINI D'LEULER

KOMT JE NIET MEE ?

MANOÔTJE

EUH L’MÊ’C’EDI DES çOND’ES

LE OUCHOUCHOUCHE

QU'EST-CE QU'ON CHONTE EN ARRIVONT ?

ROUL’ TA BOSSE ! – STROUND PATATEN !

SOUPE A L'OIGNON

SÛ’ DUNKE’RKE QUOND VIENT LE CA’RNAVAL

EU’H L’TEMERAÎ’

LA VISCHE’RSBENDE

DUNKE’RKE…

HYMNE A JEAN BÂ’RT (Jean qui ?…)

’T CARILLON VAN DUYNKERKE

LA FILATUÛ’

DONS LA RUE DES PAST’RELLES

REUZELIED

VAN DE PITJE

LA FEMME, L’AMOÛ’

LES COMMEÊ’ D’LA RUE D’SAINT GILLES

FIN PRET POÛ’ L’AMOÛ’

BEIN BEIN MA FI’

MIE KATOEN

MARIE CHONTAL

MAIS NON MOEDRE !

RAYMONDE

EUH L’TRAVAL’ DES FEMMES

LES PLAISIÎ D’LA VIE

CENT SOUS D’BEULTEKAESE

SI QU’T'AS L’CAFAÂ'

UNE DISTRIBUTIAN D’PODINGUE

L’HEÛ’ DU QUATR'HEÛ'

EUH L’PODINGUE A CINETTE

RESTONS FRONÇAIS !…

EN GEEF ‘T KIND Ä TATJE



La meê

…Et comme tout’ les femmes euh d’marin bien avont all’…

All’ a fait met’ une plaqu’ su’ l’muû d’la m’tite Chapelle…


CAP SÛ’ ISLANDE


Depuis troâ joû’, t’es déguisé,

T’es maquillé… et t’as picolé !

Te v’là à ct’heû’ sû’ l’point d’partiî’

Cap sû’ Islande, mort aux flétans !


Tu vas laisser femme et zonfonts

Et p’têt’ mouriî’, là-bas sû’ les boncs…

Poû’ des morues ou des zharongs…

Va dons la Bonde, ponse au présont !



NESJE EUH L’PECHEÛ’


P’us grond pêcheû’ que moi sû’ l’poô’

J’te juû’ qu’y’on a pas !

Mon bateau fait deux mèt’ sur un’

Mais y s’appelle Jean Bâ’rt.

J’ai just’à peine passé les j’tées

Que j’suis déjà à dégueuler ;

A ceux qui se foutent euh d’ma tronche,

J’signale que c’est poû’ appâter !


[Refrain]

Le poisson que tu monges à la Bonde,

Zharongs peck [harengs au vinaigre, en saumure], spraets [sardine], wammes [flétans fumés] et poissons secs…

C’t’un régal, t’on rôtes, t’on pètes, t’on bondes,

Dis-toi bien qu’c’est Nesje qui l’a pêché !


P’us grond baiseû’ que moi sû l’poô’

J’te juû’ qu’y’on a pas.

Mon wisje y fait un mèt’ cinquonte,

Mais t’es pas obligé d’me croaâ’.

J’aime bien snustrer des preuts [sexe féminin] chontont

Ca sont un peu comme un carr’let (qu’est pas frais !).

Si ça t’arrive à Ca’rnaval

Cà doit forcémont te rapp’ler…


P’us grond monteû’ [menteur] que moi sû’ l’poô’

J’te juû’ qu’y’on a pas.

J’vonds aux Lillois d’la sôle beutée

En disont qu’c’est un poisson raâ’ !

Mon rêve c’est d’rouler un Onglais

Qu’y soye meulade à n’en crever !

J’ui dirai qu’c’est d’la pâ’ d’Jean Bâ’rt

Et qu’y pourra jamais goûter…


P’us grond Ca’rnavaleux sû’ l’poô’

J’te juû’ qu’y’on a pas.

J’fais tous des beurtjes avec Victoô’, [petit tour dans le Carnaval]

Ma fem’ all’ aime pas ça !

Quond j’rontr’ j’fais rien qu’d’aller d’traveê’

J’trouv’p’us mon wisje poû’ faî’ pipi

J’ai une haleine euh d’dromadaî’

Et une m’tite voix dons l’fond qu’y m’dit…



ROSE LA POISSONNIEÊ’


Rose la poisonnieê’,

All’ écorchait des raies, ohé ohé !

All’ les vondait si cheê’,

Que personne n’en voulait, ohé ohé !


Et Rose… et Rose…

Et Rosalie c’est ma bonne amie !



STONCE AU ZHARONG


A voâ’ sa gueul’ de spraet [sardine] et sa couleû’ cuivré, [bis]

On a sa gueul’ qui pond [pend], on a onvie auprès…


Oui quoiqu’on en ponse,

Euh l’klippe’r c’est bon, c’est bon,

Même sons la laitonce,

C’est bon le zharong !



DONNE UN ZÔTJE


Donne un zôtje à ton oncle Cô

Qui r’vient d’Islande :

Euh d’son wamme t’auras un morceau [wamme : flétan fumé]

S’il est bien tondre.



La Bonde, la Foye, les Masqueloe'rs, Ca'naval

Als ‘t klaer maken was gedaen,

Wilt verstaen,

‘t Zal wel gaen,

Moet’n wy naer de foye gaen.

Quand tout est prêt pour partir en Islande,

Bien sûr on doit faire foye (*).

(extrait de la chanson des pêcheurs dunkerquois "Reys naer Island")

(*) Jean Denise reproduit cette chanson dans « Carnaval Dunkerquois » (Westhoek éditions : 1984) et rappelle que les pêcheurs dunkerquois faisaient la fête avant le départ en Islande, au cours d’un grand repas des marins : "La 'foye’, transcription phonétique du mot flamand “fooy” qui signifie “festin” ou “fête”. (…) Il n’est pas difficile d’imaginer la tapageuse animation créée par le rassemblement de 600 à 1 200 marins en goguette avant leur départ vers l’Islande ! On peut supposer qu’un jour leur “foye” a coïncidé avec les jours gras et que les participants ont eu l’idée de se masquer : la visschersbende était née."



L'AÎ’ D’LA BONDE


Les coicasins y deviennent Zwatelae’r,

[gentil casse pieds – bon vivant]

Les visemules, y deviennent snoeprerae’r,

[mine de dégoût – tête de friandises]

Les leulepotes y taillent leû’ pattes en bas, [traînard]

Les rien pressés y’z’ont tout’l’temps poû’ ça !


[Refrain]

L’aî’ de la Bonde, c’est phénoménal,

Ca tronsfô’me tout Dunke’rke, tout Malo Rosendael !


Les vieux d’l’hospice y sont en m’tits Louis,

Maneckenpis’, y chope un gros ouioui,

Les Dames du Mynck all’ prennent l’accont d’Marseille,

Les nains d’jardin y sont en grondes Zoreilles !


Les beautés puû’ all’ d’viennent Marie-Chontal,

Euh l’zoo d’Fo’rt Mardyck y’d’vient l’zoo d’Rosendael,

L’curé d’Malo y vond des ziguenèzes,

Les bites du poô’ all’ crient : « quond c’est qu’on baise ? » !



L'APRES-BONDE


Quond qu’ton veintje [mari] a fini d’faî’ la Bonde,

Qu’il est mô’, bleu marine à m’tits pois, [complètement saoul]

Moi j’sais bien qu’t’as du mal à comprondre

Qu’y fait pas fô’ du cas d’all de toi.


Lui y sont [sent] euh l’tamboû’ qui résonne,

Il ontond les fifres siffloter ;

T’y peux rien, c’est d’la faute à personne :

C’est là n’dons qu’il a été élevé.


Dons sa têt’ y fait oncô’ la Bonde,

Il ontond les Masqueloe’r chonter ;

Il est si bien qu’y veut p’us r’descondre

De l’autel où Jean Bâ’rt l’a am’né.



TON BESTE KLÊTJE !


Mets ton beste klêtje,

On va faire un beurtje…

On ira aux klakke’, aux klakke’,

Aux klakke’, aux klakkebeusses.

[sarbacane à boules qu’utilisent les enfants]



LA CABA’TCHIEÊ’

"De l'homme des cavernes à l'homme des tavernes, il n'y a qu'un pas". (...)

Ronny Coutteure


La caba’tchieê’, fais nous crédit,

On te paiera tout ça sam’di.

Si tu veux pas donner à boâ’,

On va t’choler dons ton comptoâ’.

A la piqû’ [*], tout l’monde l’ondû’, [endure]

Euh l’p’us veinâ’ c’est Cô-Pinâ’ :

Qu’y rontre tôt, qu’y rontre tâ’,

Y boit toujoû’ son vê’ d’pinâ’.


* : Les Acharnés ont réintégré ce couplet dans Carnaval en hommage à Cô-Pinard II : Cô-Pinard I était pointeur à la Caisse des Dockers et la perforation de la carte des dockers s’appelait "la piqûre".



LA CITADELLE


[Refrain : une fois au début et une fois à la fin]

C’est la Bonde de la Citadelle,

On va rontrer complèt’mont plein,

De chez Zizine à chez Borel

On va chonter ce gai refrain :

"Avont de fermer les paupieê’,

Viens donc boâ’ une derniê’ bieê’ !"


Si tu passes par la Citadelle,

Le joû’ où la Bonde bat son plein,

Tu iras d’bistrots en chapelles,

Tu n’rontreras qu’au m’tit matin :

"Avont de fermer les paupieê’,

Viens donc boâ’ une derniê’ bieê’ !"


Puis tu t’arrêt’ras au Seamen’s

Poû’ déjeuner d’un betje euh d’pain,

Reprond’ des forces poû’ Rosendael :

On va r’péter un Ca’rnaval ;

On vient pas poû’ fai’ des manieê’…

Alô’ met ton klêtje et viens boâ’ un veê’.



LA CLIQUE ALL’ DONNE


[Refrain]

Quond la clique all’ donne [ter]

Quond la clique all’ donne [ter]


Mon chapeau pâ’ à droite à gauche devont derriê’,

Mes gonts y suent des gouttes euh d’ma peau à travê’,

J’ai mon dos qui fait « crac » et mon pépin qui couine,

J’ai une haleine euh d’traille [bouche d’égoût], une longue comme une tartine.



HOMMAGE AU CÔ


Salut à Cô-Pinaâ’

Salut à ta mémoâ’ :

La-haut, tout prés d’Jean Bâ’rt,

C’est ta gloââââââââââââ(etc.)’.

Tont d’années à nous guider,

Tont de Masques à aimer,

A c’t’heû’, nous voilà tou’ en pleû’ !



EST-C’QUE T’AS PAS VU LA BONDE ?


Est-c’que t’as pas vu la Bonde ? [ter]

All’ est chez Stonsje [P’tit Gaston] [bis]

Est-c’que t’as pas vu la Bonde ? [ter]

All’ est plus chez Stonsje : all’ est au sec !



FIGUEMAN


Quond j’s’rai trop vieux, euh qu’j’pourrai p’us arquer,

Quond qu’j’s’rai p’us bon qu’à faî’ la Bonde sû’ l’côté,

Quond les Masqueloe’r, qui sont sons pitchié,

D’un coup d’cul au fin fond d’la Bonde m’onverront dinguer.


[Refrain]

Avec un stokje et un wamme,

Euh j’f’rai Figue Figue Figueman.

Poû’ avoâ’ l’ai’ moin con avec mon bâton,

J’emmerd’rai les kôotjes [gamines], j’leû’ f’rai sucer mon m’tit poisson.


Quond mon klêtje y’ s’ra plein d’copespèles, [toiles d’araignée]

Quond mon bâtje y s’ra plein d’trous com’d’la dontelle,

Quond mes gonts, à force euh d’ronverser l’whisky,

Y’ z’auront p’us d’doigts com’les mitaines à Stablinski…



FINI D'LEULER


Fini d'leuler, c’coup-ci c’est l’heû’,

C’est pas tout d’boâ’ et d’faî’ euh l’con :

Si qu’on reste oncô’ un quâ’ d’heû’,

On s’ra skâtje poû’ l’rigodon.



KOMT JE NIET MEE ?


Komt je niet mee ? Komt je niet mee ? [Tu viens avec moi ?]

Komt je niet mee naer boven ? [Tu viens, on monte ?] [ces 2 lignes bis]

Stan, stan, Stan, mijn vader is soldaat :

Hÿ is paerdejaeger, hÿ is pardejaeger.

Stan, stan, Stan, mijn vader is soldaat :

Hÿ is paerdejaeger, in ik geef niet om dat !

Stan, stan, Stan, mon pê’ il est soldat,

Il est chasseû’ à ch’val, et moi j’m’on fich’ pas mal.

Stan, stan, Stan, mon pê’ il est soldat,

Il est chasseû’ à Lille et moi j’me fais pas d’bile !



MANOÔTJE


[le tout 2 fois]

As-tu connu Manoôtje ?

Ca c’est un beau m’tit cotje

All’ a cassé sa jamb’ euh’ d’bois,

Sû’ l’péristyle euh’ d’Saint Eloi.



EUH L’MÊ’C’EDI DES çOND’ [Cendres]


Où irons-nous, euh l’mê’c’edi des Cond’ ?

A Rosendael ou bien chez Fricoteau [*] :

Au rondez-vous c’est là qu’on se rassemble,

Poû’ boâ’ un coup et monger un mô’ceau.

Chontons tou’ onsemble au joyeux signal :

Chacun se rassemble poû’ le Ca’rnaval

Vive les zonfonts d’Jean Bâ’rt : ce sont des fameux gaillâ’

Poû’ les fêtes et poû’ les bals du Ca’rnaval.


* : restaurant de Coudekerque, au 19ème siècle, relié à la route de Furnes par la passerelle Fricoteau, devenue Passerelle des Corderies.



LE OUCHOUCHOUCHE


Attontion, ça peut t’prond’ [prendre] n’importe où :

Dons la rue, en plein milieu des clous…

Gamin, faut surtout pas t’affoler,

Mais y’a pas d’quoi appeler les pompiers…


[Refrain]

T’as la main qui tremble, les épaules qui bougent,

T’as les pieds qui donsent, et tu deviens tout rouge…

Et tu donses le Ouchouchouche,

Et du donses le Wallewalle,

Et tu donses le Ouchouchouche, le Wallewalle,

Le Ouchouchouche, le Wallewalle…


Cette année quond j’suis allé au bal,

J’croyais qu’j’mettais trompé d’Ca’rnaval :

Tous les kootjes [gamines], tous les veintjes, la musique,

T’aurais dit qu’y z’avaient tous un tique…


En rontront direc’ à ma maison,

J’avais l’impression d’avoâ’ l’aî’ con,

Mais j’ai compris quond ma femme en m’ouvront

Me dit : "Bein qu’est-c’que t’as toi main’nont ?"…


L’aut’soî’ j’faisais maâtje avec ma femme,

– Poû un coup qu’all’ ranimait ma flamme ! –,

Au momont qu’on allait s’régaler,

Voilà pas qu’all’ commonce à snacker… [donner des coups]


A Dunke’rke tu peux p’us cî’culer,

Les câ’foû’ sont complèt’mont bloqués,

Dons les bus, les taxis, les bagnoles,

Tu dirais qu’y sont tou’ devenus tchioles !… [simple d’esprit]



QU'EST-CE QU'ON CHONTE EN ARRIVONT ?


Qu’est-ce qu’on chonte en arrivont,

Ici là-n’dons, en arrivont ? [ces 2 lignes bis]

Des chonsons de Masqueloe’r,

De toereloe’r, de pisjeloe’r !… ? [ces 2 lignes bis]



ROUL’ TA BOSSE ! – STROUND PATATEN ! [*]


Roul’ ta bosse, ton pê’ est bossu,

Sons l’fai’ exprès j’ai tapé sû’ sa bosse !

Roul’ ta bosse, ton pê’ est bossu,

Sons l’fai’ exprès j’ai tapé sû’ son cul !


Stround pataten, en serten van visch [Patates “de merde” et queues de poisson”] !

Je moet dat eten als ‘t keremis is [Tu dois manger ça quand c’est la kermesse] !


[*] : air de marche de la Bande, entre les tient bon’d’sus



SOUPE A L'OIGNON


Est c’qu’on peut monger une soupe ?

Une soupe à l’oignon chez vous…



SÛ’ DUNKE’RKE QUOND VIENT LE CA’RNAVAL


Sû’ Dunke’rke quond vient le Ca’rnaval,

On est tou’ joyeux comme des cigales :

On se grime, on s’met euh d’la peintû’,

Et on s’on fout plein sa féguû’.

On s’habille avec de vieux habits,

Et on sô’ son grond parapluie…

Avec tout ça on est paré poû’ l’Ca’rnaval,

Et l’boulot, bein on s’on fout pas mal.


On est heureux ! On est heureux !

Avec les Dunke’rkois à Ca’rnaval on est les rois (bis).



EU’H L’TEMERAÎ’


La fumée de nos usines

Nous rend tous tuberculeux ;

On s’en fout on a bonne mine

On est des carnavaleux.

Tchiens voilà la quille, c’est pas poû’ les bleus, Nom de Dieu !

Tchiens voilà la quille, c’est poû’ les anciens. [ces 2 lignes bis]

Euh l’meilleû’ des fromages, c’est la "Vache qui rit",

Quond la vache est meulade, euh l’fromage est pourri ! [ces 2 lignes bis]


La bibine euh d’chez Zizine

Nous faisait pas mal au foie :

Regardez si j’ai bon’ mine,

Et avant je n’buvais qu’ça !

Tchiens voilà la quille, c’est pas poû’ les bleus, Nom de Dieu !

Tchiens voilà la quille, c’est poû’ les anciens. [ces 2 lignes bis]

Euh l’meilleû’ des fromages, c’est la "Vache qui rit",

Quond la vache est meulade, euh l’fromage est pourri ! [ces 2 lignes bis]



LA VISCHE’RSBENDE


Sû’ Dunke’rke on fait la Vische’rsBende [Bande des pêcheurs]

En souv’nî’ des pêcheû’ en Islande…

Ribouldingues, teutres [trompe] et bonnes pintes euh d’biê…

Potjerolle à rouler sa gamelle pâ’ tê’.


Berghenae’r [parapluie] fixé en haut d’un stoktje [manche, bâton]

Qui chôle [traîne] toû’ l’onnée dons l’n’hoekje [petit colin] d’un kotje, [débarras, remise]

Klêtjes en flèpes [petit morceau de tissu] cause d’avoâ’ fait trop d’beurtjes,

Mule en spritjepap qui fiche la trouille aux creutjes. [gosses]


Dons la Bonde, du penelêkre au riptje-raptje

Y sont cleutse [secoués], tou’ onsemble y font maâtje,

Y saquent [saquer : y aller de bon cœur] euh n’dons, derriê’ devont,

Y chontent les mêmes chonsons !


Au premier rong y faut avoâ’ un rude peute [énergie]

Poû ret’nî’ tous ceux qui poussent à leû’ preut… [cul, derrière]

La musique en ciré, bâtje rayé,

Cô-Sclock d’vont en grenadier,

Les chasses-Nesje poû’ les protéger

[personnes à qui la Ville confie la mission de pousser les Carnavaleux pour permettre à la musique d’avancer]

Et empêcher les Masques d’avoncer…


Y’a Jean Bâ’rt en haut d’son zeltje [socle de statue]

Astiqué au brillont belge, [produit pour astiquer les cuivres]

Et juste un m’tit peu p’us bas

La famille à Reuze-Papa.

Euh l’klokespel euh d’la toû, [carillon]

Y joue poû les Masqueloe’r,

Et sû’ le kiosque y’a un kram’peut [sono, tourne-disque]

Qui roun’ que poû’ les lapeteutes ! [individu lent]


Euh d’la mairie, une bonde euh d’picheleules [lambin]

Balonce des klippe’rs poû faî’ un smeule ; [festin]

Y’a du leutje [plaisir], la bringue dons les chapelles,

Et y’on a même qui s’amusent à katjespel ! [au "petit docteur"]


Euh l’Figueman, derriê’ son mulebâtje , [cagoule]

Son deckeneuze [long nez], son zwekje [perche], son platje… [poisson plat]

Au bal, un nesjeprout [demeuré] catelam [fatigué]

Sô du Ku’rsaal [Casino] faî’ une fusée dons la traille… [rendre dans une bouche d’égout]


Dons la Bonde, du penelêkre au riptje-raptje

Y sont cleutse, tou’ onsemble y font maâtje,

Y saquent euh n’dons, derriê’ devont,

Y chontent les mêmes chonsons !


Sû’ Dunke’rke, poû’ faî’ la Vische’rsBende

En souv’nî des pêcheû’ en Islande…

Y faut pas être kloppe euh des pieds :

Faut savoâ’ driver et schnicker, [vadrouiller – boire beaucoup]

Et sû’tout avoâ’ la sonté,

Ou à ta cahute t’as qu’à rester !




Dunker'ke

…Tous les joû’ j’lis la Voix du Noô’

Poû’ prond’des nouvelles des nouveaux qui sont moô’…



HYMNE A JEAN BÂ’RT (Jean qui ?)


Jean Bâ’rt salut, salut à ta mémoâ’,

De tes exploits tu remplis l’univeê’.

Ton seul aspect commondait la victoâ’,

Et sons rival tu régnas sû’ les meê’.

Jusqu’au tombeau Fronce meê’ ado’eê’

Jaloux et fiê’ d’imiter ta valeû’

Nous défondrons ta banniê’ sacrée

Sur l’océon qui fut ton champ d’honneû’. [bis]


[Refrain]

Jean Bâ’rt, Jean Bâ’rt, la voix de la patrie

Redit ta gloâ’ et ton nom immortel !

Et la cité qui te donna la vie

Erigera ta statue en autel. [bis]



’T CARILLON VAN DUYNKERKE


Een kalemanden rok, [Un jupon de calamande]

Een wit mantlyntje d’rop, [un petit manteau blanc par-dessus]

En weet je waer da’k weunen ? [Et sais-tu où j’habite ?]

Al in Sint Gillis dorp. [Dans le quartier Saint Gilles]


Een lynwaden kazakje, [une casaque en lin]

Ezen biezeboomen rok, [un jupon de nattes]

En zou ‘k daermee niet lachen ?…

[Et comment pourrais-je ne pas en rire ?]

De fruytpan op zyn kop ! [Il est coiffé d’une poële à frire]



LA FILATUÛ’


All’ traval’ à la filatuû,

A la fabrique euh d’chez Chapeau ;

All’ monge des tartines euh d’confétuû’,

Avec son peule euh d’cacao. [bidon de fer blanc]


Et quond s’qu’all’ a t’été bien sage,

Sa mê’ lui donne poû son m’tit cœû’

Un’ demi-lit’ euh d’beultekaeze [fromage de tête]

Poû’ monger avec son quatre heû’. [ces 2 lignes : bis]



DONS LA RUE DES PAST’RELLES


Dons la Rue des Past’relles[*],

Dons la coû’ à Caudron [*],

C’est tout des maqu’relles

Et des boufeû’ de blonc. [le tout 2 fois]


* : la Rue des Past’relles a été rasée ; elle liait la passerelle du Canal de Bourbourg à celle du Canal de Bergues et on devait franchir plusieurs ruisseaux sur des passerelles en bois. La Cour à Caudron était une sorte de Cour des miracles.



REUZELIED


[Refrain]

Als de grote klokke luyd, [Quand la grosse cloche sonne,]

De klokke luyd, de Reuze komt uyt...

[La cloche sonne, le Reuze sort]

Keere U e’s om, de Reuze, de Reuze !

[Tourne sur toi, le Reuze, le Reuze !]

Keere U e’s om, Reuze kom ! [Tourne sur toi, Reuze viens !]


Moeder, ontsteeckt het beste bier, [Maman, tire la meilleure bière]

Het beste bier, de Reuze is hier…

[La meillere bière : le Reuze est ici…]

Keere U e’s om, de Reuze, de Reuze,

Keere U e’s om, Reuze kom !


Moeder, hangt den pot op’t vier, [Maman, pend le pot au feu]

Den pot op’t vier, de Reuze is hier.

Etc.


Als de boer zyn poeper onstakt,

Zyn bellege kloenk, zyn zakje sproeng,

[Censû’ poû’ les creutjes… exercez votre flamand !…]

Etc.


Moeder, geeft maer kaes en brood,

[Maman, donne du fromage et du pain]

Maer kaes en brood, de Reuze is dood ! [le Reuze est mort]

Etc.



VAN DE PITJE


Van de Pitje, Van de Stecktje, Van de Knokke Zoet…




La femme, l'amoûr

…Méfie-toi d’celles qu’y t’font maâtje : [calineuses]

C’est juste bon poû’ rester skâtje… [roulé]

(D’après "Le Croïe et le Rena’rd" – Paroles de Dunkerquois – Les pénelècres)



LES COMMEÊ’ D’LA RUE D’SAINT GILLES


Tou’ les commê’ d’la rue d’Saint Gilles,

Ça c’est des geons [gens] qui s’font pas d’bile :

All’ sont toujoû’ en train d’blaguer, en train d’blaguer,

Assises sû’ l’bonc des accusés, des accusés.

Euh l’débit d’tabac c’est la contine

Poû’ les commê’ d’la rue d’Saint Gilles :

AI sortent toujoû’ leû’ tabatchiê’, leû’ tabatchieê’

Et voilà l’histoâ’ des commeê’.


Pondont qu’les hommes sont partis à l’ouvrage,

Les femmes s’amusent à moudre du café. [bis : 2 lignes]

C’est la premiê’ fois, c’est la derniê’ fois,

P’us jamais, p’us jamais all’ aura ça d’moi ;

C’est la premiê’ fois, c’est la derniê’ fois,

P’us jamais, p’us jamais all’ aura ça d’moi. [bis : 2 lignes]

Oh la la ! Les femmes, all’ font la noce,

Oh la la ! C’est tou’ une bonde de rosses…

Oh la la ! Les femmes, all’ font la noce,

Les hommes à la maison poû soigner les zonfonts.

La musique à Papa, la musique à Papa,

La musique à Papa fait plaisî’ à Mamon. [bis : 2 lignes]

Et all’ aime bien son pê’, et all’ aime bien sa mê’,

All’ aime bien son cousin, son cousin germain,

Et all’ aime bien son pê’, et all’ aime bien sa mê’,

Mais c’lui qu’all préfê’ c’est son m’tit freê’.



FIN PRET POU’ L’AMOÛ’


J’suis toujoû’ fin prêt poû’ l’amoû’,

J’fais du cas de mon pisjeloe’r,

J’ai un zlip en lain’ c’est un v’loû’

Avec des m’tits cœû’ tout autoû’.

Quond j’vois des bel’ fires qui s’agitent,

Tout d’un coup j’suis p’us maît’ euh d’mon bit’ ;

A tout’ ces sacrémont bel’ femmes,

Faut que j’vais proposer mes charmes.

Attontion ! J’suis pas l’garçon facile :

Je n’tomb’pas au premier batt’mont d’cils.

Si y’a bien du rouge autoû’ d’sa bouche,

Moi j’veux bien l’faî’ un m’tit zwinevroutje.

[baiser mouillé, baiser cochon]


[Refrain]

Moi j’suis un grond grond sontimental :

J’aime les têtjes , les preuts et les trous d’balle…

Quond j’y ponse, j’ai mon cœû’ qui s’emballe

Presque autont que poû le Ca’rnaval !



BEIN BEIN MA FIÎ’


Bein bein ma fî’, bein t’as pas fini euh d’n’en voâ’

Avec ton homme qui ponse qu’à Ca’rnaval,

J’va rien dî’ poû’ pas faî’ des histoâ’ :

J’suis poû’ la paix dons les ménages en principal !

Y chôle toujoû’ avec ses camarades,

Y font des schkèdres, aux Corsaî’, à Saint-Pol ! [calins coquins]

Et quond y rontre y dit qu’il est meulade :

Potjerolle… potjerolle… potjerolle…


[Refrain]

Y dit qu’il a la scholeschiete [diarrhée scolaire : maladie diplomatique], y fait son leule [il traîne] :


Tes kreules [boucles de cheveux] y dressent sû’ ta tête t’es koppeyoô’ [mal coiffé] ;

T’es pas naxieuse mais y’a euh d’quoi dev’nî’ deule, [enragé]

Et moi j’compronds qu’tu lui claques sa gueul’ deyoô’…

Bein lui pas d’bile y fait son fieê’…

Ah y’a d’quoi partî’ à pleurer,

Le v’là reparti aux Corsaî’

Au lieu d’rester ici auprès.

Cà c’est un rud’ gaillâ’ poû’ rejoindre Cô-Pinâ’,

Et moi j’compronds qu’tu dâ’ [darer : râler] quond y s’prond poû’ Jean Bâ’rt.


A la sortie euh d’la Bonde des Pêcheû’

Y va r’trouver ses mauvais compagnons

Et son grond ami Prouvoyeû’

Qui va lui j’ter des klippe’rs (onciennement !).

Après en haut en face, au quatrième,

Y va déguster l’podingue à Cinette,

Quond soudain y croqu’ un kakkelak’ [cafard]

Kakkelak’ … kakkelak’ … kakkelak’ …


Quond y respî’ l’odeû’ euh d’la Violette,

L’dimonch’matin, à la Bonde de Malo,

Y dit qu’ça sent la rose quond y pète…

Cà sent plutô l’craquelot !

Tou’ la journée y chôle dons les chapelles,

Y trouv’ jamais la Bonde et les tamboû’,

Poû’tont l’soâ’ il a une belle gamelle

De Masqueloe’r… de Masqueloe’r… de Masqueloe’r…


Ca y’est ma fî’, bein te v’là onfin tronquil’…

Demain c’est bon y va p’us faire euh l’con :

Y va rev’nî’ d’un m’tit toû’ à Lille

Et dî’ que les Zwat’ c’était bon !

Y va pas te faî’ des schkèdres euh d’Jean Bâ’rt :

Son pisje y vaudra même p’us un blackboy

Ni un spraete, ni un beute ni un wamme :

Pisjeploïe… pisjeploïe… pisjeploïe… [sexe mou]


Si pâ’ malheû’ t’as pas bien rongé son klêtje

Qu’y cherche partout son bâtje euh d’Ca’rnaval,

[chandail, maillot de pêcheur]

Y va diî’ qu’si y perdait son zwekje

Ca pourrait pas lui faî’ beaucoup p’us mal !

Y va couriî’ de Caraïb’ en syllabes,

Y va pleurer tou’ les larmes euh d’son coô’ ;

Y voudra se j’ter euh d’l’estacade…

Il est mô’… il est mô’… il est moô…



MIE KATOEN


[Refrain en français]

Ah ! Sac à pain,

C’est ici que l’on vend des boulettes.

Ah ! Sac à pain,

C’est ici que l’on vend des boudins.


[Refrain en flamand]

Oh, Oh, Oh, Oh !

Wÿ zullen wel beter zÿn !

Oh, Oh, Oh, Oh !

Wÿ zullen wel beter doen !


Et va-t-en vite à ta maison’

Ta mê’ all’ t’appelle !

Et va-t-en vite à ta maison’

Ta mê’ all’ t’attond !


All’ a cassé san parapluie,

Tont pis poû’ elle !

All’ a cassé san parapluie,

Tont pis poû’ lui !


All’ a pe’du son diabolo

Dons la coû’ d’la filatuû’ !

All’ a pe’du son diabolo

Dons la coû’ euh d’chez Chapeau ! [filature de la Basse Ville]


Mie Katoen, kom morgen noen : [Marie Kateon, viens demain après-midi]

Wij zullen ä pintje drinken ! [Nous boirons une petite pinte]

Mie Katoen, kom morgen noen :

Wij zullen ä pintje doen !



MARIE CHONTAL


All’ s’fait app’ler Marie-Chontal mais son vrai nom c’est Vontje,

All’ est fiê’ euh d’son toû’ de taille gros com’ un sukreboontje.


[Refrain]

Tous les joû’, à tout’ les heû’ du joû’,

All’ se r’garde dons la glace,

All’ veut être la p’us belle du fauboû’,

Et ça sous tou’ les faces :

C’est Marie-Chontal : c’est une cale madame !


All’ fait toujoû’ fô’ attontion qu’all’ est bien habillée,

Qu’all a bien fremé ses boutons poû’ rien faî’ dépasser.


All’ a ach’té sû’ le marché un beau rubon à fleû’,

Fau’t pas l’diî’ : c’est poû’ camucher ses oreilles en choux-fleû’.


A mon avis au p’us qu’all’ r’semble c’est à la femme à Reuze :

C’est pas cause qu’all’ est très gronde, c’est poû’ son deckeneuze.

[gros nez]


C’est pas pa’cqu’all’ est putekeintje [menton en galoche] qu’all’ peut pas s’met’ du rouge :

A c’momont-là l’p’us qui la gêne c’est qu’y faut pas qu’all’ bouge !


Sû’ l’Mynck tout l’monde l’appelle carr’let tu peux l’imaginer :

C’est cause qu’all’ a d’puis qu’all’ est née ses yeux du même côté.



MAIS NON MOEDRE !


Mais non Moedre !

J’ai pas mes jambes en poudre :

C’est cause que j’viens d’être aurmonté [augmenté]

Et qu’les copains y l’ont fêté !

Y’avait Disje, Nesje, Pitje et Stonsje,

Nesjeke, pî’ Fonsje et m’tit Lucien…

Y’avait Sisse et Wisje euh d’la Bronche,

La gross’ Fretje, son veintje et son m’tit chien…



RAYMONDE


Raymonde all’ a un gros derrieê’,

All’ a aussi un sacré d’vont !

Tout l’monde y dit euh qu’c’est la bieê’,

Qu’all’ était pas com’ça avont…

Dons l’tomps c’était pas une belle fiî’ :

On disait : « Tchiens ! Bein v’là Raymonde ! ».

A c’t’heû’ avec c’qu’all’ schnique c’est piî’ :

On dit : « Tchiens ! V’là la grosse Raymonde ! »


Euh l’piî’ c’est qu’c’est une bonne gamine :

All’ a toujoû’ son cœû’ sû’ sa main…

Faut diî’ qu’avec sa grosse poitrine,

Y tchient pas ontre ses deux seins.

All’ taille toujoû’ ses pattes en bas

Poû’ rond’ [rendre] service et sons façon :

All’ veut toujoû’ payer à boâ’

Au bistrot ou à sa maison.


Un coup qu’all’ était criminelle, [très saoule]

All’ a été rouler son coô’ ;

Et c’était pas une m’tite gamelle :

Tout l’monde croyait qu’all’ était moô’.

On l’a portée à l’hôpital,

Y’avait Cô-Pinâ’ en pompier ;

Lui y rev’nait du Ca’rnaval,

Il était oncô’ installé ! [avoir une drôle d’allure, un "coup dans l’aile"]


M’onfin all’ avait pas grond chose :

Just’ un bullekope [bosse sur le front] et p’is un bloze. [bleu]

Euh l’docteû’ y’a dit qu’c’était à cause

Qu’all’ avait été fô’ chonceuse.

All’ a sô’ti vite fait bien fait,

Du curochrom’ plein sa féguû’

Et son nez tout embobiné :

Ca lui donnait une drôle d’alluû’.


On a rontré chez all’ avec,

All’ a ronqué tout l’long d’la route.

All’ était un peu krommenek [coup tordu, torticolis]

Et son dos tou’ en meul’dekoeck.

All’ a bien répété cont fois :

"Ik rone nooitmeer bier drinken !".

Mais c’était pas la premiê’ fois

Qu’all’ disait n’importe quoi !



EUH L’TRAVA’L DES FEMMES


Laver les carreaux et briquer les potecaries : [batteries de cuisine]

V’là l’traval’ des femmes, c’est des beaux traval’.

Laver les carreaux et briquer les potecaries :

V’là l’traval’ des femmes, c’est c’qu’all’ d’vrait faî’ tou’ la journée.


[Refrain]

Pondont qu’les hommes y chontent, [bis]

Pondont qu’les hommes y chontent en cœû’,

Les femmes connaissent pas leû’ bonheû’ !


Tirer la poussiê’ avec son blektje et p’is son zwintje :

V’là l’traval’ des femmes, c’est des beaux traval’.

Tirer la poussiê’ avec son blektje et p’is son zwintje :

V’là l’traval’ des femmes, c’est c’qu’all’ d’vrait faî’ tou’ la journée.




Les plaisiî d'la vie

Ca ça goûte bon à son cœû’,

Alô’ y donse le Ouchouchouche,

Et là y nage dons l’bonheû’,

Aussi léger qu’un katepoesje !



CENT SOUS D’BEULTEKAESE


Cent sous d’beultekaese, un kentje euh d’brood et un oignon…

Et on fait réveillon, et on fait réveillon…

Cent sous d’beultekaese, un kentje euh d’brood et un oignon…

Et on fait réveillon !



SI QU’T'AS L’CAFAÂ’


Si qu’t’as l’cafâ’, peints toi en noâ’,

Pronds ton plumeau, tes godillots, ton beste klêtje,

Mets la Voix du Nô’ sû’ tes reins

Et des pompons à ton pépin.

Et puis tchiens bon sû’ l’rigodon,

Faut onfoncer ces Acharnés, fais toi pas d’bile :

T’es pas tout seul ça s’ra facile,

C’est toi l’p’us fô’, c’est toi l’p’us beau, vas-y bello !



UNE DISTRIBUTIAN D’PODINGUE


Une distributian d’podingue,

Ah quelle bringue, Ah quelle bringue !

Et on ira sû’ l’sable fin

Avec not’ zwekje dans not’ main !


Une distributian d’podingue,

Ah quelle bringue, Ah quelle bringue !

On est rentré que le lend’main

Avec not’ zwekje dans not’ main !



L'HEÛ' DU QUATR'HEÛ'


Disje connaît la musique,

Y fait pâ’tie d’la clique,

Faut pas v’nî’ dî’ à lui

Qu’all’ est pas belle la vie !

Disje il a deux amoû’ :

Sa femme et son tamboû’ :

Pas d’différonce ontre eux :

Y tape sû tous les deux !…


[Refrain]

Ac’theû’, c’est l’heû’ du quatr’heû’ :

Y coû’ s’ach’ter une frite sû l’Mynck

Et s’faî’ des tartines euh d’beû’

Poû tremper dons l’chocolaminck.

Ca ça goûte bon à son cœû’,

Alô’ y donse le Ouchouchouche,

Et là y nage dons l’bonheû’,

Aussi léger qu’un katepoesje !



EUH L’PODINGUE A CINETTE


[Refrain]

Euh l’podingue a Cinette c’est pas du spritjepap :

Y est bon mais parfois on attrape euh l’deûlop’. [diarrhée]

En c’qui concerne euh l’rhum faut pas être exigeont :

All’ a beau faî’ un potje, son veintje y pique euh n’dons.


Quinze joû’ avont la Bonde all’ taille ses pattes en bas :

A tout l’monde all’ demonde des kantjes et des croûtons ;

All’ est tou’ ouredeûl’ si all’ a pas ses miettes

Cause qu’c’est comme çà qu’on fait euh l’podingue à Cinette…


Après l’jet euh d’zharongs, on va tous chez Doyen.

Cà c’est une tradition, cause euh qu’la Bonde donne faim.

On se r’trouve tous là-haut poû un betje euh d’podingue,

Un m’tit vê’ d’rosé ou alô’ une bonne pinte.


Si vous faîtes visemule sû ce plat tont béni, [l’air dégoûté]

Allez voâ chez Trassâ’rt mais restez pas ici,

Nous chaque fois qu’on vient, coiffés euh d’not’ perruque,

On sait qu’on y monge bien et qu’on sô’ blozebuck !

[le ventre en cloque]



RESTONS FRONÇAIS !…


Quond c’qu’on va dons la Bonde,

C’est pas poû’ chahuter ;

Poû nous euh ‘lCa’rnaval

C’est une vraie cô’vée :

Malheureus’mont nos femmes

Nous obligent et nous foutent déyô’,

Mais nous on a l’moral

Et c’est poû’quoi

On chonte oncô’ :


"Kreulle bolle, [Tête frisée]

Sukrebolle, Kakestek, [dragée – joue de morue]

Et kermistoe’r, [manège de foire]

Cleudre, meus’jke, [dégingandé, moineau]

Kêvre, beus’jke, [genièvre, buisson]

Creuteneuze, [crotte de nez]

Et coeckepoe’r." [cataplasme à farine de lait et moutarde] [bis]


L’aut’ joû’ j’vais à l’Auchon

Vu qu’c’était poû ach’ter ;

C’était bourré d’Onglais

Et plein d’Onglais bourrés.

Comme y faisaient la queue aux caisses

Leû’ caddies emplis d’biê’,

Y connaissent pas l’fronçais !

S’écria alô’ la caissiê’ :


"Péte bloze, [ballon fait avec un chewing-gum]

Peule mutje, [bonnet de laine, comme les peules, les filles de filature]

Péte boontje, [haricot blanc]

Et penelêkre, [employé de bureau, littéralement « lécheur de plume »]

Poepestraete, [rue des « mtites jupes » : rue des bordels]

Potjerolle, [saoul]

Potebèze, [balai de toilettes]

Et pitjepeck." [croque-mort, employé des pompes funèbres]


En pâ’lont des Onglais

Y faut que j’vous asplique :

Poû’ moi l’tunnel creusé

Y’ est à sons unique :

Y boivent du thé,

Y roulent à gauche

Et y n’aim’tent pas Jean Bâ’rt,

Et pâ’ dessus l’mâ’ché

Y n’pâ’lent même pas l’fronçais :


"Calemouille, [poupée de chiffon]

Leulecouste, [traînard]

Katje spêle, [jouer au « petit docteur »]

Et meule de coucke, [miettes de gâteau]

Mite mouille, [mêle tout]

Pisjeleule, [lambin]

Pisjeloe’r, [café ou vin léger]

Et pessebroeck." [qui fait pipi dans sa culotte] [bis]


Quond la Bonde est finie

Et qu’on est oute poep,

On va tous au Bon Coin,

D’où c’qui font tailleboecke.

Malheû’s’mont nos femmes

All’ sont oncô’ toujoû’ dê’iê’ ;

Nous, poû’ nous consoler

On chonte oncôr ce joyeux aî’ :


"Riptje-raptje, [petit voleur, par extension petit monde]

Treute laptje, [serviette hygiénique]

Coeckeloe’r, [sexe féminin]

Et snote cale, [morve]

Zwinevroetje, [baiser mouillé]

Deke counte, [gros cul]

Kêle petje, [trou de la gorge : gosier]

Et Figueman." [Masque qui intrigue avec une canne à pêche] [bis]


Si à la fin d’ma vie

Je dois rond’ [rendre] des comptes,

Croyez mes chê’s amis

Que je n’aurai pas honte

En arrivont là-haut

Si qu’on m’demonde :

"Qu’est c’t’as fait ?" :

Alô’ à c’momont-là,

Euh j’sortirai mon m’tit carnet :


"Coeckemule, [bouche qui aime les gâteaux]

Sukrebec, [bouche qui aime le sucre, se dit aussi "sucremond"]

Zwinnepuste, [orgelet, petit cochon]

Et pêpre’nzout, [poivre et sel]

Zwintje et Blektje, [balayette et ramasse-poussière]

Copespel, [toile d’araignée]

Et pannecoecke." [crêpe] [bis]


J’suis t’au bout du rouleau :

Ca s’ra l’dê’nier couplet ;

Merci une fois oncô’

De m’avoâ’ écouté.

Avont d’pâ’tî’

Et d’vous quitter,

Chontons avec regain

Un’ derniê’ fois

Avec ontrain

Ce si joyeux refrain :


"Coeckestuck, [tranche de pain gâteau]

Kelle betje, [langue de morue salée]

Kaeyelopre, [employé du port]

Et kakestroun’te, [crotte]

Katebrake, [vomi de chat]

Klotte breke, [casse pieds… pour ne pas dire autre chose]

Katepoesje, [minou de poussière]

Et Krommenhoeck." [lieu dit au sud de Bergues : « coin tordu »] [bis]



EN GEEF ‘T KIND Ä TATJE


En geef ‘t kind ä tatje, [3 fois]

Dat is ä mullestop !

Et s’femme all’ a des tatjes, [3 fois]

Et c’veintje il en a pas !




Le dunkerquois, la seule langue dans laquelle on ne risque pas la faute d'orthographe

Voici les quelques règles qui ont servi à rédiger ce livret. Elles n’ont d’autre prétention que d’avoir permis une rédaction constante d’une chanson à l’autre. Puissent-elles modestement participer au(x) débat(s) sur l’écriture du dunkerquois, la seule langue dans laquelle on ne risque pas la faute d’orthographe…

  • Réhabilitations. Le "euh" Dunkerquois retrouve son titre de noblesse : le rang d’un mot véritable ; l’article qui le suit ("le" ou "de") est réduit (en "l’" ou "d’") et collé au mot suivant avec une apostrophe : le : "en c’qui concerne euh l’rhum faut pas être exigeont" ;de : "un’ demi-lit’ euh d’beultekaeze". Idem pour le "euh" qui suit "à cause de", mais ici le "à" disparaît et le "de" est remplacé par "que" (ce qui nous permet de donner deux règles d’orthographe en une seule…) : "cause euh qu’la Bonde ça donne faim".

  • Outepoepe. Le Dunkerquois se repose donc quand il parle : ayant constaté l’inutilité du "r" à la fin d’un mot (au milieu aussi d’ailleurs), il a décidé de le faire disparaître… Le "r" est donc remplacé par une apostrophe et, en conséquence, la voyelle ou le son voyelle ("ai", "ou", "eu") est tout à la fois appuyé sur le plan sonore, mourant puisque souvent à la fin d’un mot, et long, le tout se marquant par un accent circonflexe : poû’ (pour), sû’ (sur), faî (faire), pêcheû’ (pêcheur).Idem au milieu d’un mot : "y fait pâ’tie d’la clique".Si on doit insister particulièrement sur la longueur de la voyelle (dans le cas d’une note appuyée dans une chanson par exemple) l’orthographe doublera la voyelle : "Salut à Cô-Pinaâ’" est un son très long à la fin, mais "Salut à ta mémoâ’" est simplement long ; pour les moments religieux au cours desquels la longueur est infinie, on pourra le marquer clairement : "C’est ta gloââââââââââââ(etc.)".Exceptions (dans toute bon système d’orthographe le plaisir vient des exceptions…) : on maintiendra le "r" dans l’écriture, mais seulement pour les thèmes nobles : "Dunke’rke", "Ca’rnaval", "Masqueloe’r",les expressions, mots ou noms flamands : "Jean Bâ’rt", "klippe’r".

  • Particularités. "Il" et "ils" s’écrivent "y" : "les copains y l’ont fêté !" ; mais "il y (a)" s’écrit "y’" : "y’avait Disje, Nesje, Pitje et Stonsje"."Elle" et "elles" s’écrivent et se prononcent "all’".La majuscule s’impose pour les mots nobles : "Ca’rnaval", "Bonde", "m’tite Chapelle", "Cô", "Corsaî’", "Zwatelaer’", "grondes Zoreilles", "Figueman", "Masqueloe’r".Ce dernier mot nous permet de livrer une autre règle : le "ou" est écrit à l’ancienne ("oe") : "Masqueloe’r".Le diminutif est également écrit à l’ancienne : "je" ; et ce "j" se prononce "ch" derrière une consonne dure : "Maritje", "tasje café", "pisjeloe’r", "betjebouli", "spritjepap’".Le "i" précédé d’un "t" est prononcé "tchi" : "tchiens bon d’sus !", "les sentiers d’Fronce", "la caba’tchieê’", "tabatchiê’".Le "on" se prononce souvent "an", et à l’inverse, le "an" et le "en" se prononcent "on" ; dans ce deuxième cas, le plus fréquent et surtout le plus marqué, on écrit "on" à la place de "an", comme illustré par Jean Denise dans son livre Les Enfants de Jean Bart à l’occasion de la présentation de la chanson Le plat’che récalcitront. Cela peut donner des résultats intéressants : on ne dit pas "euh j’suis de la Branche" mais "euh j’suis d’la Bronche" ; de même on ne dit pas "je range mon habit de Carnaval" mais "euh j’ronge mon kletje". Deux exceptions : les mot "en" et "son" restent écrits ainsi afin de ne pas alourdir la lecture ;le mot "Bande" est ici écrit à la flamande, comme à l’origine : "Bende", même s’il se prononce "Bonde". Le "oi" est prononcé et écrit "oâ" : "un aboâ’". "Petit" s’écrit et se prononce "m’tit" : "la m’tite Chapelle".


Commentaires


Les commentaires sur ce post ne sont plus acceptés. Contactez le propriétaire pour plus d'informations.
    bottom of page