CONSEILS À MES PETITS-ENFANTS
- Dominique Neirynck
- 25 déc. 2024
- 20 min de lecture
Dernière mise à jour : 10 août
Vécu 7
Faites pas ci, faites pas ça. Ou : faites c'que j'dis, faites pas c'que j'ai fait...

"Je te donne toutes mes différences,
Tous ces défauts qui sont autant de chances.
On s’ra jamais des standards, des gens bien comme il faut,
Je te donne ce que j’ai, ce que je vaux." Michaël Jones et Jean-Jacques Goldman (chanson Je te donne, Paroles : Michaël Jones et Jean-Jacques Goldman, Musique : Jean-Jacques Goldman, Editions Musicales JRG)
Voici, sans filtre (ou presque…), ce que je retire de 50 années d’activité militante et/ou professionnelle. Vous en tirerez éventuellement ce qui vous plaît et jetterez le reste. A la lecture ça donne l’impression d’une liste marquée par la proactivité et la pleine "maîtrise de moi" ; il n’en est rien : je n’exprime ici, au contraire, qu’une succession d’erreurs et de fautes… Puissiez-vous en profiter pour gagner du temps et de l'énergie. Ce n'est que du vécu... Bref, toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé est tout sauf fortuite.
Et si tenter de faire progresser une passion, ça évitait de faire carrière ?
"J’irai au bout de mes rêves, tout au bout de mes rêves,
J’irai au bout de mes rêves, où la raison s’achève." (chanson Au bout de mes rêves, Paroles et musique : Jean-Jacques Goldman, BMG Music Publishing France).
Faire carrière génère l’insatisfaction : on ne réussira jamais assez et on ne gagnera jamais assez. Puisque le critère est essentiellement la réussite socio-professionnelle. Et on est toujours derrière quelqu’un. Motivé par le développement de ma région et non par la carrière, je n’ai ainsi jamais souffert de passer à côté de (soi-disant) opportunités. Que me reste-t-il de :
8 années de radio, de 1978 à 1985 (à FR3 Lille puis Radio France Fréquence Nord puis le lancement de Radio Corsaire) ? Que les métiers artistiques procurent des plaisirs supérieurs. A condition d’en vivre. D’ailleurs, la véritable élite n’est-elle pas constituée d’artistes ?
2 années de cabinet ministériel, de 1986 à 1988 (Ministère de l’Industrie, des P. et T., du Tourisme, Président François Mitterand, Premier ministre de la 1re cohabitation Jacques Chirac) ? Qu’il faut se méfier de ceux qui desservent la République. Et que la vie publique, quand elle est utile aux autres, s’appuie sur 5 qualités, malheureusement bien rares : l’intelligence + le courage + la passion + la curiosité (parce qu’elle sous-tend la volonté de progresser) + l’amour envers les gens.
22 années de développement territorial, notamment à la direction de la CCI de Dunkerque ? 1) Que le grand défi, c’est la métropolisation accélérée. Ces métropoles, de plus de 3 millions d’habitants, sont une chance car elles sont l’outil principal du développement contemporain. C’est "là où ça se passe". Conséquence : la génération de mes enfants (vos parents) se déplace aisément de l’une à l’autre. 2) Que le développement c’est d’abord affaire d’intelligence de la ou du leader territorial(e). Malheureusement tout le monde n’est pas Michel Barnier, qui, pour le profit de ses Alpes de naissance, "invente" des Jeux Olympiques, à partir de rien, dans un lieu nommé Albertville. Que presque personne ne pouvait situer sur un carte. Pas de développement d’un territoire à long terme si la ou le leader politique n’est pas exceptionnel(le). Et malheureusement elle ou il est souvent stupide. En 50 ans, dans le Nord de la France, j’en ai connu 1 seul qui réponde au critère, au long de la 2e moitié de sa vie publique : Pierre Mauroy. Norbert Ségard aurait probablement aussi correspondu, mais il est mort trop tôt, tué par la cigarette.
Patti Smith (Le Monde, 15 avril 2016) : “La chanson My blakean year dit : ‘One road was paved in gold and one road was just a road.’ Eh bien c’est le second que j’ai choisi, un chemin de dur labeur, un chemin de sacrifices. Mais un chemin plein de gratifications car suivre sa pulsion créative et aller au bout de ses rêves débouchent sur de la joie.”
Si vous devez vous rassurer sur vous-même, prouvez-vous que vous pouvez le faire. Et passez à autre chose
Vers 40 ans, je me dis : "auteur, pourquoi pas moi ?". Je défonce les portes (maisons d’édition, financements) et je saisis sur ordinateur, comme un bourrin (un livre c’est en moyenne 750 heures de recherche et d’écriture), jusqu’à faire paraître La vie d’abord, entretiens avec Léonce Deprez : 40 années de développement de l’ex Bassin Minier puis du Touquet (Asa Editions, 2000) puis 2 titres dans des maisons d’édition reconnues : La Saga Leroux (éditions de l’aube, 1999), Tout savoir sur la communication orale (Editions d’Organisation, 2003). A ce moment-là, m’étant inconsciemment prouvé que j’en suis capable, je suis calmé. Je passe alors à autre chose.
Ne faut-il pas gérer son image dans l’intérêt des autres plutôt que dans le nôtre ?
Ne servez votre image que si ça fait plaisir à un tiers : un ou une ami(e), votre conjoint. Effet double :
Vous ne perdez pas inutilement votre temps, puisque vous vous le saviez déjà, que sur tel ou tel point vous êtes le meilleur. A quoi bon le prouver ?
Vous obtenez des effets secondaires, supérieurs au petit enjeu d’image. Par exemple ce site : au départ je l’écris à la seule intention de mes petits-enfants ; à l’arrivée je constate une satisfaction psychologique inattendue, grâce à un double effet : la transmission et la mise en scène de soi (pour reprendre l’expression de Boris Cyrulnic dans La nuit, j’écrirai des soleils).
Communiquez oralement avec efficience
Quelques lignes de mon livre sur la communication orale, qui vous seront peut-être utiles. Parce que chacun, un jour ou l’autre, vit cette situation : "La longueur : respecter le temps. Il est essentiel de respecter le temps qui nous est imparti. C’est celui qu’on nous a indiqué, ou sinon celui… auquel le public s’attend ! Une fois de plus, mettons-nous à la place de l’autre ! L’un des exercices de la préparation de toute communication orale consiste à expulser de l’intervention tout ce qui n’est pas utile à la stricte démonstration. TROP LONG : SACRIFIER DES PANS ENTIERS. Il faut savoir se limiter : on ne parle pas pour s’écouter mais pour être écouté. Si l’intervention, au stade de la répétition, apparaît être trop longue, on évitera de tenter de réduire un petit peu chaque partie, parce que naturellement on aura tendance, malheureusement, à sacrifier tout ce qui fait le sel de la parole : preuves, images, histoires, illustrations, exemples. Pour éviter qu’il ne reste que le squelette, il faut impérativement s’obliger à sacrifier un ou plusieurs pans entiers de la communication. Sinon, en poussant le défaut à son terme, l’intervention se limitera à un sommaire… TROP COURT : ILLUSTRER, IMAGER, DÉTENDRE… Si l’intervention est trop courte, on n’ajoute en aucun cas des concepts nouveaux, des idées supplémentaires. Au contraire, on se limite à ajouter des preuves et de la détente : preuves, images, histoires, illustrations, exemples."
Méfiez-vous des médecins. Comme ils sont nécessaires, donc incontournables, accompagnez-les. De près
Posez comme principe qu’ils choisissent ce métier d’abord pour pouvoir aisément dominer. En l’occurence des gens en souffrance. Même si ce principe supporte plein d’exceptions (ce qui le confirme), ça aide, d’être conscient de son existence.
La 1re manifestation de leur irrespect est leur capacité remarquable à vous faire attendre.
Plus grave, la liste des fautes commises par mes carabins successifs est impressionnante, quantitativement et qualitativement. Proposition d’ablation d’un organe par un médecin généraliste, sans passer par un spécialiste… et l’avenir montre que c’était un autre organe qui est concerné par cette pathologie. Oubli, pendant plusieurs années, de faire pratiquer un examen régulier impératif, générant un cancer, heureusement pris en main juste à temps par un autre médecin.
Faites donc confiance les yeux fermés mais en cas de doute concernant une pathologie, rencontrez sans hésiter le chef de service du CHRU le plus proche, en visite privée s’il le faut. Garantie assurée.
Si un chat vous fait l’honneur de vous accompagner, méfiez-vous des vétérinaires : ne négligez pas le comportementalisme
Les chats, contrairement à ce qui est souvent affirmé, ne sont pas indépendants. Chez eux la psychologie est plus importante que le territoire. N’oubliez pas qu’un chat sevré trop tôt restera marqué à vie : il reportera sur vous un hyper-attachement affectif et sa vie en dépendra. Ne pas hésiter, dans ce cas, à briser le cycle par un antidépresseur de temps à autre, tout en conservant en ligne d’horizon la volonté de faire en sorte qu’il s’en passe. Quant à l’intelligence des animaux, elle est immensément supérieure à ce que l’on croit. Simplement, elle s’exprime différemment de la nôtre.
Préparez la lutte contre l’arthrose dès 40 ans
Atteint par la pathologie dès 35 ans, je suis handicapé à 45 ans : soudain, impossible de monter un escalier sans aide (rampe, canne, ascenseur…).
Depuis, jour après jour, je reporte dans le temps les effets de la maladie, à l’aide de 2/4 d'heure de kiné quotidienne (étirements, musculation douce), sur chaque cartilage concerné (aponévrose, talon d’Achille, genoux, lombaires, cou, épaules) et sur le transverse.
D’où la nécessité de travailler avec une ou un excellent(e) kiné. Ceux qui ne prennent pas 3 mais 2 clients par heure. Et vous consacrent donc une vraie demi-heure.
Fuyez les sports et les "abdos", comme toute exagération. Sauf la natation sur le dos en battant des jambes, et le vélo elliptique.
Portez des chaussures sanglées à l’arrière : pas de tongs ni de mules. En 6 mois j’ai vu mes douleurs disparaître. Aucun médecin, aucun rhumatologue ne m’avait alerté ; heureusement cela semblait être une évidence aux yeux de ma podologue.
Bien sûr, si l’arthrose ne vous concerne pas, faites ce qui vous plaît.
Ne soyez jamais des esclaves
Patti Smith (Le Monde, 15 avril 2016) : “(Les jeunes) expérimenteront par eux-mêmes les surprises que réserve la vie et ils apprendront de leurs propres erreurs. C’est ainsi qu’on grandit. Quand ils me demandent : ‘Patti, qu’est-ce qu’on devrait faire ?’ mon message est modeste : ‘Lavez-vous les dents !’ Cela veut dire : prenez soin de vous-mêmes ! Soyez aussi sains que possible. Evitez les vices et tout ce qui pourrait faire de vous des esclaves ! C’est quelque chose que j’ai décidé très jeune en voyant ma mère sur le point de s’effondrer lorsqu’elle n’avait plus de cigarettes, elle qui pouvait fumer trois à quatre paquets par jour. J’ai choisi résolument d’être libre et de n’être dépendante de rien. Sauf de l’art peut-être. Ou de l’amour. C’est une philosophie de préservation de soi-même. Le reste…”
Acceptez, si besoin est, les moyens de lutter contre la douleur
Pourquoi ne pas tenter une autre voie, comme la méditation de pleine conscience (ou mindfulness) ? "Plusieurs études scientifiquement solides ont montré que chez des méditants de longue date, la douleur était vécue comme moins désagréable. Il a également été constaté chez eux une moindre anticipation négative et une moindre durée de la douleur" : Jean-Gérard Bloch, rhumatologue et directeur d’enseignement du diplôme universitaire de médecine "Méditation et neurosciences" à Strasbourg. Il s’agit bien de cohabiter avec la douleur : la méditation ne fait pas disparaître la douleur mais apprend à cohabiter plus sereinement avec elle. Particulièrement, la méditation permet de séparer la douleur d’origine et nos plaintes et peurs qui s’y ajoutent.
Ne vous faites pas souffrir inconsciemment par défis interposés
Rien ni personne (à part vous-même) ne vous oblige à souffrir en vous imposant des défis trop globaux, trop lourds, trop stressants. Maîtrisez votre programme. Le stress a du bon (c’est le verso de la vie) mais il ne doit pas vous dominer. D’autant que, si c’est la cas, vous vous imposez cet enfer exclusivement par rapport aux autres, miroir de vos défis socio-professionnels et d’image. A l'inverse, l’auto-compassion ne doit pas non plus vous empêcher d’agir. Et aussi : maîtrisez votre temps (cf. ci-dessous) et respectez votre sommeil (idem).
Maîtrisez votre temps
Gérez votre temps. Sur tous les termes : court, moyen, long. Ça rend les programmes (et les défis qui les encadrent) supportables. Intégrez le long terme et le très long terme dans la gestion de votre temps ; leçon du pilotage (de la moto comme de l’avion) et de la kiné : on tient en équilibre si et quand on regarde au loin. Le plus loin possible. Cela permet de pratiquer les corrections, mais à la marge seulement. Cela donne du recul :
"N’est pas philosophe qui veut
Car le philosophe est un sage.
Il faut un long apprentissage
Pour laisser pleuvoir quand il pleut." : Auguste Brizeux, poète breton (cité par Hervé Sérieyx, La nouvelle excellence, Maxima / Laurent du Mesnil, 2000)
J’ai tenté d’appliquer ces principes pour gérer 2 décennies de pré-retraite / retraite, de 55 à 75 ans : je me suis imposé une programmation répartie sur le temps pour supporter le poids de l’ensemble.
Respectez votre sommeil
7 heures de moyenne est le minimum. 8 heures c’est mieux. Ça protège et entretient le système immunitaire.
Bannissez le ronflement : il épuise puisqu’il empêche de dormir. Solution unique : rester sous son poids de ronflement. Pour cela viser la cohérence remarquable de l’IMC, indice de masse corporelle.
Cherchez la compagnie de celles et ceux qui vivent dans le vrai
Parce que, sinon, c’est fatiguant de sans cesse devoir démasquer les menteurs(ses). Mais c’est malheureusement incontournable ; il suffit alors de les repérer. Quelques techniques pour démasquer les wanabee et les hasbeen (en réalité souvent des hasneverbeen) :
Celles et ceux qui, pourtant issus de milieux populaires (petit paysan, employé, etc.), s’affublent de vêtements et accessoires de luxe (particulièrement Channel) dont on reconnaît la marque, affichée. Mensonge sur leurs origines. Vulgarité des "nouveaux riches". Qui se définissent en 4 points : 1) ils sont jaloux (car conscients de leur limite côté intelligence, culture, études) ; 2) ils recherchent les postures pour afficher des marques de niveau social visibles (afin de compenser leur souffrance due à leur basse extrace), particulièrement par le choix des voitures et de certains sports ; 3) ils sont conscients de leurs limites et en souffrent ; 4) ils sont haineux face à un démasqueur (si ce dernier parle très simplement de lui ou de son activité, ils tentent immédiatement de le disqualifier en se vantant, sur le seul critère de l’argent, domaine qui masque toutes leurs faiblesses).
Celles et ceux qui se lancent dans le bénévolat pour se mettre dans une (fausse) situation de manager (club, etc.). Mensonge : n'est-ce pas pour masquer leur incapacité à manager en situation professionnelle (entreprise, etc.), donc difficile et exigeante, elle ?
Celles et ceux qui militent pour des ONG ou des actions ciblant les plus pauvres des pays pauvres. Mensonge : sauf exception due parfois à une vraie générosité, leur attitude, apparemment généreuse, est en réalité motivée, parfois inconsciemment, par la volonté de dominer à bon compte de plus faibles. Souvent leur origine friquée leur permet de faire semblant et de jouer les généreux, en attendant l'héritage... Posez-vous ces questions : l'arbre de leur activisme ne cache-t-il pas la forêt de leurs origines (leurs ancêtres ont-ils exploité des générations d'ouvriers ? Ont-ils fait fortune comme négriers ? etc.) ? Le jour de l'héritage, en feront-ils don aux pauvres (facile de squatter en attendant la succession) ? Ne feraient-ils pas mieux de consacrer une véritable générosité à s'occuper de leurs proches ? Affirment-ils que l'Europe et les Européens sont les responsables, à la fois pour ainsi nier les véritables responsabilités afin d'éviter de s'y attaquer, et pour illustrer le proverbe flamand : "T es 'n vuul'n veugel, 'n dien die schit in z'n nest !" (Il n'est de pire oiseau, que celui qui chie dans son nid !) ?
Celles et ceux qui — en général d’origine bourgeoise — positivent tout : on n’aborde jamais un sujet qui fâche. Mensonge : ne positivez que quand c’est objectivement positif. Quand c’est négatif, dites les choses : ce n'est pas poli, mais ça fait avancer.
Cherchez la compagnie des gens intelligents
Vous gagnerez du temps : elles et ils sont (très) peu nombreux. Le moyen : fuyez les idiots, particulièrement si elles ou ils tentent de jouer les intelligents. Le résultat est toujours lamentable (mais à mourir de rire). Il en est ainsi pour celui qui lance un jour de 2018, sous mes yeux émerveillés, le concept de sous-développement régional. Il souhaite l'abandon du projet de Canal Seine / Nord-Europe (qu'il appelle "Canal Seine-Nord", ce qui évidemment n'a pas le même sens...). Il argumente ainsi son opposition (à l'un des projets majeurs de développement territorial du Nord-Ouest de l'Europe) : "les barges seront belges et hollandaises" (bien évidemment, il veut dire "néerlandaises"...). Soudain je m'en veux : comment n'y avais-je pas pensé ? Sidéré par tant d'intelligence économique, éclairé par ce nationalisme des péniches, je propose, dans la même veine, qu'on ferme immédiatement Roissy et Orly : en effet la plupart des avions qui y atterrissent "ne sont même pas français". Ou comment, en matière de développement économique, mourir guéri. A contrario, pour vous aider à parcourir le chemin de la compréhension, appuyez-vous sur les bonnes sources, pour être informé, et par des gens intelligents, ouverts, critiques.
Cherchez la compagnie des communicants
Les handicapés de l’e-mail et du SMS (réponse 2 semaines après ou… jamais), en réalité, ne sont pas handicapés mais cumulent 3 défauts qu’ils vous expriment, inconsciemment mais très volontairement : le mépris, la grossièreté (forme particulière du point précédent), la jalousie (leur inefficience floue est démasquée par votre efficacité précise). Donc, concernant les messages, si le plat est sans retour, ne leur resservez pas le dessert. Allez vers les communicants.
Cherchez la compagnie de celles et ceux à la vie pleine ou intense ; ça s’appelle la personnalité. Versus superficialité
La mise en scène de sa vie est l’expression du vide de cette dernière. Pour en compenser le néant, la ou le superficiel(le) se vante sans recul ni humour. Un (une) futile autocentré(e) de petit niveau (ceci expliquant cela) "communique" principalement par :
Instagram, essentiellement consacré à sa bouche, dont les lèvres sont poussées vers l’avant. Sans oublier la photo récurrente de ses pieds. L’outil Instagram est également utilisé pour un défilé frimeur des photos des enfants et des lieux de vacances (lieux dont elle ou il ne comprend pas le sens, d’où l’absence de sens des photos). Excellent pour la promotion des piscines, surtout si elle ou il en possède une au domicile. Absence de personnalité. Une personne dotée de personnalité utilise Instagram pour partager le beau, ne représentant jamais son corps, ni "où je suis, ce que je fais".
Les diners en ville : si elle ou il vous pose une question au cours du diner, elle ou il n’écoute pas la réponse et change immédiatement de sujet. Bref on s’ennuie (je reste poli) à écouter une litanie de fadaises, émises par des incultes et convenu(e)s, et pendant des heures. De plus (absence de générosité oblige) ce n’est pas bon. Généralement on a froid. Et ça picole. Du vin au mieux moyen. Leur principe est triple : aucun effort, tout positiver béatement, faire semblant. Federico Fellini : "Feindre, toujours feindre !… Il faut que tout soit factice, mais crédible !" (entretien avec Damien Pettigrew en 1992, diffusé sur Arte le 15 mars 2001). Philippe Bouvard : "Mondanités : occasions de parler quand on n'a rien à dire avec des gens que rien n'oblige à rencontrer." (Petit lexique des grandes vacances, Le Figaro Magazine, 2 août 1997)
Important, pour ne pas être leurré : il ne suffit pas d’avoir du caractère — ce qui, d’ailleurs, la plupart du temps ne signifie que "un mauvais caractère" — pour être doté(e) de personnalité.
Cherchez la compagnie de celles et ceux qui ont un talent
Fuyez celles et ceux qui se prennent pour des artistes. Elles ou ils utilisent la photo ou la peinture pour donner illusion (c’est plus facile que la musique ou la sculpture en bronze, arts qui les démasqueraient en temps réel). Elles ou ils n’ont rien à dire et il n’y a guère de second degré dans leurs photos. Leurs peintures sont des croûtes. Dont elles ou ils tapissent leurs propres murs. Elles ou ils sont incapables de les distinguer d’une photo qui a du sens ou d’une peinture talentueuse.
Cherchez la compagnie de celles qui ceux qui respectent une stricte égalité entre leurs enfants
Celles et ceux qui ne la respectent pas, notamment sur le plan patrimonial, sont des tordus dominés par leur perversité narcissique : ils ont trouvé là un outil de domination à bon compte. Egoïsme. Autre version, tout aussi psychopathe : elles ou ils sont jaloux des revenus et/ou de la réussite de leurs propres enfants et ne dépasseront jamais le stade du "moimoimoi". Egocentrisme.
Cherchez la compagnie des cultivé(e)s
Les incultes sont faciles à détecter : ils découvrent le gospel en 2000 pour le mariage de leurs enfants (mais au fond détestent les Noirs). Ils mettent de la couleur partout dans les années 2000 alors que la vague du minimalisme est arrivée en 1980. L’origine bourgeoise n’est pas une garantie contre l’inculture, beaucoup s’en faut : la culture bourgeoise s’appuie sur des évidences sociétales en boucle, dont la fonction est de protéger les détenteurs(trices) par une tentative de masquer (pour elles- et eux-mêmes d’abord, pour les autres ensuite), derrière une suffisance et un contentement de soi, leur stupidité, leur inculture. Et dans certains cas leur irresponsabilité et leur alcoolisme.
Cherchez la compagnie des généreux(ses)
Méfiez-vous des faux généreux, en réalité tournés exclusivement vers eux-mêmes :
Version vrai Tartuffe : celle ou celui qui appelle la religion à la rescousse en permanence ("es-tu baptisé ?"), mais met ses parents dans une maison de retraite qualifiable de mouroir, tout en étant elle-même pourrie de pognon. Elle ou il excelle dans le chantage affectif pour obtenir gain de cause face à la contradiction ; car ces petits esprits ne changent jamais d’opinion.
Version insistante : "venez, je vous invite", mais la date n’est pas précisée, et de toute manière le réfrigérateur sera vide. N’oubliez pas : les vrais généreux(ses) se remarquent d’abord à leur goût pour la cuisine : elles ou ils aiment nourrir les autres.
Fuyez les cupides : ils passent à côté de tout
Je ne critiquerai pas ici l'argent, ni le fait d'en posséder, au contraire : il peut faciliter l'accès au bonheur et au beau, il peut servir de support à la générosité. A ceci près... Léa Barbisan (Agrégée d'allemand, nommée en 2018 Maîtresse de conférences en Histoire des idées allemandes à l’UFR d’Etudes germaniques et nordiques de Sorbonne-Université) : "le sujet moderne qui ne reconnaît plus à l'argent sa qualité de moyen, mais en fait une fin en soi, se prive 'tragiquement' du moyen de réaliser ses fins et d'ainsi se réaliser soi-même." (L'individualisme moderne chez Georg Simmel, ouvrage collectif sous la direction d'Olivier Fagard et Françoise Lartillot, L'Harmattan, Paris, 2019). Le philosophe allemand Georg Simmel (1858-1918) défend l'idée que l'argent, "Dieu de notre temps", est passé d'une fonction de moyen à celle de fin. (Sur la psychologie de l'argent, 1889 ; L'argent dans la culture moderne, 1896). Motivés exclusivement par l’argent, les cupides sont satisfaits d’eux-mêmes. Leur contentement de soi s’appuie certes sur une vertu de l’argent : éviter bien des souffrances. Mais tout le reste ? Ils passent à côté. La case sensibilité est vide, la case ouverture est inexistante, la case émotion est fermée, la case tendresse n’existe pas. Ils passent donc à côté de ce qui fait l’humanité, et en conséquence de ce qui peut procurer le vrai bonheur. Bref, "l’argent les empêche de vivre", comme dit l’écrivain Christian Bobin. Chez certains même, le lever quotidien à 5 heures du mat’ pour bosser comme des bourrins (normal : ils sont du règne animal) dans une activité parfois sans intérêt masque leur absence de lecture, de culture. Bref d’intelligence. Quand ça ne cache pas tel secret de famille. Seul avantage à croiser leur chemin : ça permet de vous documenter sur les nouveaux riches.
Cherchez la compagnie de celles et ceux qui sont humbles... devant la Bourse
Quel que soit le marché boursier (actions, métaux, céréales, etc.), nul ne peut le prévoir. La réalité est : celles et ceux qui gagnent ont de la chance, celles et ceux qui perdent n’ont pas de chance. Et celles et ceux qui se vantent d’avoir gagné en bourse ? Des fanfarons. La Bourse c’est une loterie et on n’y rencontre que des coïncidences et non des liens cause-effet. Déjà le bons sens fait ressentir qu’une activité boursière est imprévisible, puisqu’elle est fondée exclusivement sur une activité humaine, elle-même totalement imprévisible (en l’occurence l’économie) : "De même que les Administrations fonctionneraient de façon satisfaisante, s’il n’y avait pas le public, de même les théories économiques seraient relativement faciles à établir sans la présence de cet insupportable gêneur qu’est l’Homme." (Alfred Sauvy ,Le pouvoir et l'opium, Payot, cité par le magazine Enjeux les Echos, avril 1997). Un exploitant céréalier de l’Artois me raconte celle belle histoire en 2014 : "Lorsque mes collègues paysans (ceux qui jouent la vente de leur récolte de blé à la bourse) gagnent, on n’entend qu’eux à la sortie de la messe le dimanche. En revanche, quand ils perdent, on n’entend parler de rien." Mais qu’en est-il d’éventuelles études scientifiques pour étayer ce bon sens ? Le printemps 2013 est une saison féconde pour résoudre le problème : paraissent simultanément 2 études, l’une italienne, l’autre américaine.
2 physiciens, Alessandro Pluchino et Andrea Rapisarda, publient le 18 mars leur article prouvant l’imprévisibilité du marché financier. Leur contribution est rapportée dans Le Monde du 4 avril, sous la plume du journaliste Pierre Barthélémy. L’étude utilise 4 stratégies répandues en matière boursière, en les appliquant à leur simulation fondée sur le hasard (prévision du comportement quotidien, sur 15 à 23 années) sur 4 indices (Milan, Footsie londonien, DAX allemand, S&P 500 américain). Résultat : le taux de réussite des 4 modèles est le même, qu’ils soient menés par des analystes financiers ou par le pile ou face. Pierre Barthélémy : "Le fortuit fait aussi bien que le savant. (…) Autre enseignement de l'étude, l'aléatoire est un bon père de famille. Il gagnera moins sur une fenêtre temporelle restreinte... mais il perdra moins aussi. A écouter les auteurs de l'article, on s'aperçoit que l'introuvable régulation financière est là : avec le hasard comme boussole, on obtiendrait une moins grande volatilité des marchés, la disparition des périlleux comportements moutonniers, l'éclatement des bulles financières avant qu'elles ne soient dangereuses et une plus faible exposition aux manipulations des gourous de la Bourse."
Le 15 avril, la Cass Business School, une école de commerce de l’Université de Londres, enfonce le clou (La Tribune, 15 avril) en publiant une étude fondée sur des données américaines collectées sur 43 ans, de 1968 à 2011, mensuellement. Pour chaque année la procédure de sélection aléatoire est répétée 10 millions de fois. Andrew Clare, co-auteur de l’étude : "Nous avons réalisé une simulation informatique consistant à sélectionner et à pondérer aléatoirement un échantillon de 1000 actions, ce qui revient à évaluer les capacités d'un singe en matière d'investissement sur le marché." Résultat : "la quasi-totalité des 10 millions de singes-gestionnaires de fonds ont réalisé de meilleures performances que les indices pondérés par capitalisation."
Restez ouvert à contester les évidences de société
Pourquoi ne pas se poser et poser les questions qui dérangent ? Dans presque tous les cas on entrevoit alors une solution simple à un problème. Qui devient simple. Et si être un voyou était un acte politique ? Et si le hors-la-loi devait être traité comme un opposant politique ? Ou comme un traître ? Car les gauchistes de mai 68 avaient peut-être raison : tout ne serait-il pas politique et idéologique ? Et si l’auteur d’un accident mortel, de la route ou non, non totalement involontaire, était considéré comme un meurtrier ? Et si sa voiture était qualifiée d’arme ? Et si une décision politique anti-écologique était considérée comme un crime ?
Fuyez les risques. Vous resterez en bonne santé. Et en vie
On réduit la prise de risque, même dans une activité dangereuse, par 3 outils :
la prévoyance ("toujours être devant son véhicule"),
la préparation,
le respect des procédures (les checks-lists).
Prônez la parité hommes/femmes comme outil de développement sociétal
Je prends la direction de la CCI de Dunkerque en 2008. J’y trouve 13 services (pour 120 salariés…). A la tête de chaque service : UN “chef” de service avec UNE secrétaire. 26 inutiles relatifs. Les 13 chefs passent la moitié de leur énergie à se battre entre eux. Ça s’appelle : diviser pour régner. Je crée 2 services seulement (plus un service général) et instaure la parité hommes/femmes ; j’interdis la fonction de secrétaire (je n’en ai jamais eu de ma vie). Je finance l’opération (car promouvoir soudainement les femmes impose des augmentations de salaires) en ne remplaçant pas les départs — la CCI passe de 120 à 80 salariés en 3 ans — et j’obtiens ce résultat : un triplement de l’activité de la Chambre. Soit une multiplication par 5 de la productivité… Voilà ce que permet la parité. 5 livres fondamentaux cadrent l’esprit sur ce thème :
Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir (1949) ; dense, fondateur, lecture difficile, et 1000 pages, en 2 tomes.
Réussir son Bac de français 2023 : Analyse du tome 1 du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir (2023) ; génial pour lire Le Deuxième Sexe : 44 pages, mais malheureusement dédié au seul Tome 1.
Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir (fiche de lecture et analyse complète de l’oeuvre) (2021) ; 44 pages, et consacré aux 2 Tomes.
Hommes, femmes : la construction de la différence, de Françoise Héritier (2010), anthropologue, élève et successeur de Claude Lévi-Strauss ; c’est la synthèse de sa vie de scientifique, sur ce thème.
La Plus Belle Histoire des femmes (2011), de Nicole Bacharan, interrogeant Françoise Héritier, l’historienne Michelle Perrot, la philosophe Sylviane Agacinski.
En complément, on découvrira utilement, sur le site Slate.fr, les articles “Comment la presse à scandale a nourri l'obsession des années 2000 pour la minceur” (Sonia Weiser — Traduit par Elodie Palasse-Leroux — Édité par Thomas Messias — 15 juillet 2022) et “Comment les complexes autour de la cellulite ont été fabriqués par l'industrie cosmétique” (Hélène Bourelle — Édité par Natacha Zimmermann — 1er septembre 2022). Ils détaillent comment, par des artifices de contrainte sociale et d'image, et par des procédés malhonnêtes, à la fois on “fait du fric” et on domine les femmes en les contraignant.
Partagez le poids au sein du couple
La partenaire peut tout supporter, mais pas tout en même temps. Et la majordomerie se partage moitié/moitié. Et choisissez votre partenaire (ou laissez-vous choisir, pour être honnête) dans un esprit de réciprocité. Ciblez l’intelligence (en premier, parce que tout vient de là), la bienveillance, la morale, la créativité. Et fuyez les contraires comme la peste.
Conservez les valeurs issues de la famille. Seulement quand les comportements sont positifs. Sinon fuyez-la
Valoriser la famille donne de l’équilibre aux petits-enfants. Je dois le mien en grande partie, aussi, à mes grands-parents. Enfin, parmi les grands-parents, surtout aux grand-mères (merci Emma, merci Lucienne)... Exemplaires et attentives, elles.
Soyez informés : ça évite de débiter des stupidités
Exploitez des sources choisies. Cf. l'article "Vécu 13 / COMMENT S'INFORMER ?"



Commentaires