LOS ANGELES, SAN FRANCISCO
- Dominique Neirynck
- 27 déc. 2024
- 9 min de lecture
Dernière mise à jour : 31 oct.
Vécu 5
À Loulou Rees-Philippon, pour son accueil à Los Angeles et sa générosité
Concernant Los Angeles et San Francisco le présent article n'a pas une fonction de guide. Tout a été dit et écrit sur ces 2 villes-monde. On se réfèrera particulièrement :
- aux guides Cartoville, pour leur cartographie par quartier, leur format de poche, leur sélection de lieux ;
- aux articles du remarquable magazine Ideat sur la Californie ;
- au guide Eater LA pour le choix des restaurants (https://la.eater.com) ;
- aux sites internet des restaurants, musées, lieux : même les abbotkinneyfirstfridays de Los Angeles ou le Ferry Building market de San Francisco en disposent !
1) LOS ANGELES — 2018

Immense
La ville est immense : l’aire urbaine mesure 100 km sur 50. Elle est peuplée : 18 millions d’habitants. 5 villes ou groupes de villes internes sont dignes d’intérêt. La ville est construite principalement en mode plat : les seules concentrations de gratte-ciels sont à Century City et Downtown.


Irrigation par des autoroutes urbaines
Les autoroutes principales (très souvent saturées) sont :
La 405, nord-sud le long de la côte, qui relie San Francisco (au nord) à San Diego (au sud, à la frontière du Mexique.
La 10, ouest-est, qui relie Santa Monica (à l’ouest, c’est-à-dire l’océan : le Pier) à Downtown (à l’est de Los Angeles).

Cuvette très polluée
La ville est fermée au nord par une chaîne de petite montagne, où se trouvent (d’ouest en est) le musée Getty Center, le Hollywood Sign, l’Observatoire Griffith. Cette montagne est irriguée d’est en ouest par la mythique — pour les films qui y ont été tournés — Mulholland Drive. La présence de cette petite montagne au nord et de plus grandes montagnes à l’est fait de Los Angeles une cuvette qui retient une très forte pollution de l’air. Le climat est méditerranéen semi-aride. Il évolue vers le désertique, par le réchauffement climatique.
À proximité
Malibu est à 1/2 heure de Los Angeles (en partant de Santa Monica) sur la côte vers le nord-ouest. Restaurant en bord de mer : Gladstones. Il ne reste plus rien ce ce lieu depuis les incendies de 2024.

1 métropole, 2 langues
Les Indiens Tongvas et Chumash peuplent la région jusqu’en 1770. ils sont pacifiques et ce sont les seuls Indiens d’Amérique qui s’aventurent en haute mer pour pêcher. Ils sont massacrés ou réduits en esclavage, d’abord par les colons Mexicains puis par les colons Américains. Rappelons qu’en effet les jeunes Etats-Unis gagnent une guerre contre le Mexique en 1850 et conquièrent ainsi plusieurs Etats de l’Ouest, dont la Californie. Sur le génocide des Indiens, rappelons ce que j'écris dans mon article OSCAR PETERSON, GÉANT DU PIANO, DU JAZZ, DU 20E SIECLE : "Il faut rappeler les mini-révolutions qui en ont marqué le 20e siècle. Et avant elles tout d’abord, le génocide (physique, culturel, donc musical) : le génocide des Indiens. La musique issue d’Europe s’implante, sur fond d’un oubli complet des musiques indiennes. Ces dernières devaient être riches et diversifiées précédemment ; il n’en reste rien ou presque. Et l’éradication fut atroce : lisons Dalva, du colosse littéraire Jim Harrison ; un seul chiffre, qu’il se plaisait à rappeler, comme dans Péchés capitaux : "Peu après la guerre de Sécession, nous avons recommencé à exterminer les Indiens d’Amérique, un holocauste en soi, car à notre arrivée sur le continent ils étaient presque dix millions et vers 1900 il en restait à peine deux cent cinquante mille." En 2018 une étude de l'UCL - University College of London évalue, pour l'ensemble du continent américain, à 56 millions le nombre d'Indiens massacrés ou morts d'épidémie au cours de la colonisation par les Européens, pour le seul 16e siècle. Référence sur ce thème : l’essayiste, nouvelliste, romancière américaine Ursula K. Le Guin (1929-2018), du fait de sa filiation avec Theodora et Alfred (1876-1960) Louis Kroeber, anthropologues spécialistes des Amérindiens, notamment de Californie. C’est d’ailleurs d’une chanson indienne qu’elle tire cette expression, “danser au bord du monde”, image au cœur d’une discussion sur la création fictionnelle du monde, pour en faire le titre de son dernier livre : Danser au bord du monde. Mots, femmes, territoires. Sa mère, Theodora, publie en 1961 Ishi in two worlds, histoire passionnante, incroyable, édifiante du dernier (1860-1916) Indien Yahi, de la tribu Yana, passée dans la 2e moitié du 19e siècle de 3000 à 15 membres, par massacres. Le livre paraît en français en 1968 (Terre Humaine/Poche. Presses Pocket). Certes les Indiens n’étaient ni des agneaux ni de grands féministes ni des démocrates exigeants, mais rien n’excuse le génocide… et on imagine l’univers musical sacrifié au passage. Les Européens arrivent avec des chants religieux, des balades irlandaises et implantent le socle musical nord-américain : la country." Aujourd’hui 40% des Angelenos parlent anglais à la maison, 40% espagnol, 20% d’autres langues. Entre 1000 et 1500 gangs regroupent 150000 personnes, pour 1000 meurtres par an ; les quartiers dangereux sont le sud, le sud-est, l’extrême-est. Les quartiers ci-dessous sont relativement sûrs.
N.B. la sélection des restaurants date de 2015.
Que voir ?
1) Santa Monica + Venice (à l’extrême ouest) : c’est "la plage", avec, encadrant la commune de Santa Monica, le Pier au nord et Venice au sud.
- Santa Monica : voir la plage et le Pier + tout près, la Third Street promenade pour le shopping + à l’intérieur la Bergamot Station, désaffectée et réinvestie par les ateliers et grandes galeries d’art de L.A.. Déjeuner au Bergamot Café.
- Venice : voir les Venice canals (maisons individuelles dans des ruelles entrecoupées de canaux, sans passage de voiture) + Abbot Kinney blvd + la plage (longer à pied le Front Walk pour voir les maisons) + participer à la soirée mensuelle food trucks sur Abbott, le 1er vendredi : les queues sont impressionnantes devant les trucks des AKFF (abbotkinneyfirstfridays) ; même les pompiers, pendant leur service, font la queue en tenue de feu puis dinent dans les camions à grande échelle, rutilants comme dans les films. Grand moment (https://abbotkinneyfirstfridays.com).
Restaurants : l’italien Félix ; Gjusta (notamment à emporter) ; Gjelina (le top) ; Main Street kitchen ; Plant Food and Wine ; Scopa Italian Roots ; Axe.




2) West Hollywood + Hollywood, plus à l’est mais toujours au nord ; le vrai cœur actif de L.A.
Voir :
- Hollywood : le Walk of Fame (très rapidement...).
- West Hollywood : s’y trouvent les maisons des plus riches Angelenos, sur les collines au nord (Doheny Drive) ; un arrêt s'impose aussi dans la mythique Stahlhouse.
- Et un détour s'impose par le Getty Center, musée le long de la 405 vers San Francisco.
- Détour aussi par le Hollywood Sign, particulièrement pour la promenade à pied et les vues qu'elle procure.
- Enfin par Mulholland Drive, pour les vues et les maisons, en commençant par Bel Air.
Faire :
Chiner au Melrose Trading Post, marché aux puces organisé par une association caritative, Greenway Arts Alliance, au 7850 Melrose Avenue dans West Hollywood, sur le parking du campus de la Fairfax High School, neutralisé chaque samedi.
Restaurants : Cleo à Hollywood ; Fig § Olive à West Hollywood.

3) Los Feliz + Silver Lake, au nord-est, entre l’Observatoire Griffith (au nord) et Downtown (au sud) ; quartier bobo.
Voir :
- Sunset junction (croisement du Sunset et du Santa Monica blvds) : l’Intelligentsia Coffee, les boutiques sur le même trottoir vers l’est ;
- le réservoir (Silver Lake) et les maisons, dans les ruelles très agréables de chaque côté (est et ouest), dont les modernistes de l’architecte Neutra (à l’est) ;
- au nord, le Griffith Observatory, pour la vue, époustouflante, sur L.A. (à noter : Los Angeles compte seulement 2 quartiers avec gratte-ciels : Downtown, Century City/Westwood).
Restaurant : atrium.

4) Downtown + Arts District à l’est :
- Downtown : en cours de reconquête et rénovation dans sa partie nord (devenu le centre économique et financier de L.A.), mais toujours abandonné et dangereux dans la partie sud. Boire un verre le soir sur la terrasse du Standard Hotel + visiter le Ace Hotel (y boire un verre ou déjeuner sur la terrasse supérieure) + voir en passant l’architecture du Walt Disney Concert Hall de Frank Gehry + visiter The Broad, nouveau musée, gratuit (donc réserver).
- Arts District : se trouve à l’est de Downtown, jusqu’à la rivière Los Angeles (de la 1re à la 7e rue) ; la reconquête est très engagée, par les artistes, galeries et lieux (usines requalifiées) ; exemple : Hauser § Wirth. Visiter le Fashion District (http://fashiondistrict.org).
Restaurants : Dama, dans le Fashion District ; Church § State (ancienne usine de biscuits Nabusco), Bestia (dans le quartier industriel au sud de Arts District).



5) Pasadena, plus loin encore à l’extrême nord-est, pour les puces : les petites au Pasadena City College le 1er dimanche du mois, les immenses au Rose Bowl le 2e.

DE LOS ANGELES A SAN FRANCISCO

2) SAN FRANCISCO — 2018
Cet itinéraire est construit sur 3 jours en 2e partie de semaine, et chaque jour comporte 2 localisations (1 : fin de matinée-début d’après-midi ; 2 : après-midi-soirée).
Jeudi : "Golden Gate Bridge", "Pacific Heights", "Golden Gate Park", "Outer"
1 : GOLDEN GATE BRIDGE et PACIFIC HEIGHTS
C’est le quartier le plus fortuné de San Francisco.
Voir
L’architecture du Palace of Fine Arts
Les Painted Ladies, maison peintes, 1500 m. au sud des Pacific Heights, dans Fillmore District
Faire
La promenade à pied entre la Marina et le Golden Gate Bridge
Collation
Umami (burgers et coréo-japonais : permanent), sinon Taco ou A16



2 : GOLDEN GATE PARK et OUTER
Ce sont les quartiers les plus agréables à vivre : les quartiers du surf, peuplés de beaucoup d’étudiants et de jeunes.
Voir
Parc : l’architecture extérieure du de Young Museum
Parc : l’architecture extérieure de la California Academy of Sciences (Renzo Piano)
Faire
Outer : shopping au General Store (néo-hippie)
Outer : la librairie Blackbird bookstore
Outer, au niveau de Judah street, en se calant sur le coucher de soleil
Restaurant
Outerlands (produits bio de la ferme)

Vendredi : Castro, Mission
1 : CASTRO et MISSION nord
Ce sont les quartiers populaires et mexicains, en cours de gentrification. Castro est le quartier gay.
Voir
La Mission Dolores, le plus ancien bâtiment de San Francisco : la mission est fondée en 1776.
Le Mission Park
Faire
Le panorama du haut des Twin Peaks, souvent bouché par le brouillard… on est à Frisco !
Collation
Taco



2 : MISSION sud-est
Voir
Les Murals
Restaurants
Tartine Manufactory ; sinon Heirloom Café (bio, produits fermiers) ou Taco

Samedi : "Ferry Building Market", "Russian Hill", "Telegraph Hill", "Soma"
1 : FERRY BUILDING MARKET
Le quartier est marqué par le mélange des docks maritimes reconquis et la présence du marché paysan.
Faire
Le Market
La promenade sur le quai
La galerie photo Fondation Pilara (« 24 »)
Collation
Sur le Market, le samedi. C’est le grand marché paysan de San Francisco (https://www.ferrybuildingmarketplace.com). Surprenant parce que le paysan y est : ni écolo militant, ni maigrichon façon Larzac et Lubéron, ni plouc. On est surpris, habitué à nos stéréotypes, par leurs grandes gueules nordiques avec cheveux longs et chapeau de cowboy, et par leur énergie. On peut voir leurs nombreuses fermes organiques le long des routes autour de L.A.


2 : RUSSIAN HILL, TELEGRAPH HILL (ET SOMA)
Russian Hill et Telegraph Hill sont des quartiers résidentiels.
Voir
L’architecture extérieure de la Transamerica Pyramide
L’architecture extérieure du Musée Juif et du SFMOMA, San Francisco Museum of Modern Art (dans le quartier SOMA : South of Market)
Faire
Monter la Coit Tower
La (touristique…) Lombard street, rue fleurie en zigzag
Les chapeaux chez Goorin brothers
Le shopping livres au City lights
Restaurants
Lord Stanley (le patron est anglais et parle français), sinon le 25 (Twenty-Five Lusk) ou Leo’s Oyster Bar (dans le Financial district)






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