RENAISSANCE : 16E SIÈCLE. D'OÙ VENONS-NOUS ?
- Dominique Neirynck
- 27 févr.
- 13 min de lecture
Dernière mise à jour : 21 nov.
Nos origines 2
Le 16e siècle fait de la Flandre et des Pays-Bas un des hauts-lieux de la Renaissance, qui fonde le monde moderne.
À Erasme, philosophe, fondateur de l'humanisme de l'Europe

La révolution de la Renaissance s’épanouit au 16e siècle sous Charles Quint (Keizer Karel)
La Renaissance est une immense révolution, aux conséquences planétaires. La Renaissance construira notre culture et nos comportements. C’est une triple rupture positive : en même temps culturelle, économique, sociétale, comportementale, politique. Après
un 14e siècle qui voit se mettre en place les conditions potentielles de cette révolution (la pré-Renaissance),
et un 15e siècle qui voit se structurer une première vague, partielle mais déjà structurée (la 1re Renaissance),
la Renaissance explose au 16e siècle sous Charles Quint (Keizer Karel).
De nouvelles formes s'imposent. Dans tous les domaines
S’expriment de nouvelles formes :
culturelles et scientifiques : architecture, géographie et cartographie, littérature et philosophie, musique (la polyphonie), orfèvrerie, peinture (portrait moderne, nature morte, perspective, paysage en fond, peinture à l’huile, clair-obscur, symbolique des lieux et des objets, éclairage) ;
économiques : le capitalisme ;
sociétale et comportementale : ouverture, tolérance, liberté de penser, humanisme, rhétorique.
La Renaissance porte une rupture des valeurs
Le monde moderne se construit, sur ses valeurs d’ouverture et de tolérance, mais aussi d'efficience :
Les valeurs féodales — doit divin, domination des guerriers, droit de vie et de mort des seigneurs — s’effritent et les bases de la démocratie moderne se mettent en place, d’abord dans les villes. C’est le deuxième réveil de l’Europe, après l’Antiquité.
Les chiffres indo-arabes sont redécouverts au 11e siècle par des savants européens au contact des Arabes en Espagne ; ils se généralisent au 15e siècle. Par la rapidité et la puissance des calculs qu’ils permettent, ils seront l’outil du développement, des sciences, du commerce. Les chiffres romains correspondaient à une société esclavagiste, les chiffres arabes correspondront à une société en développement.
Architecture : maisons des Bourgeois, églises, Hôtels de ville
En architecture, les Pays-Bas, dont la Flandre, explosent de créativité et de diffusion, civile ou religieuse : maisons bourgeoises, églises. Quant au Stadhuis (Hôtel de Ville), il s’implante partout aux 15e et 16e siècles, souvent marqué par le gigantisme et le style gothique : Bruxelles, Oudenaarde, Louvain (Leuven), Arras (Atrecht), Gand (Gent), Calais (Kales), Bergues (Sint-Winoksbergen), Hondschoote, Anvers (Antwerpen). Expression des libertés communales, il symbolise la Renaissance.


La vie de Jean Bruggeman consacrée aux moulins de Flandre française
Premier outil de production d’énergie, à partir du vent, les moulins apparaissent aux Pays-Bas dès le 12e siècle et se généralisent à la Renaissance. Ils servent à produire la farine ou à irriguer les polders. C’est la domestication de l’électricité qui les supplantera. Si des dizaines de moulins de Flandre française sont sauvés, c’est grâce à Jean Bruggeman, qui leur a consacré sa vie : déplacements, rachats, reconstructions, rénovations. Jean Bruggeman retrace son existence au service des moulins dans son premier livre-référence : Nos Moulins — Flandres Hainaut Cambrésis. Le Musée des Moulins de Villeneuve d'Ascq porte son nom. Une vie admirable.

Géographie et cartographie : Mercator nous fait entrer dans la modernité
Le Flamand Geert De Kremer, né de parents Allemands (Rupelmonde 1512 - Duisbourg 1594), se fera appeler Gerardus Mercator. Mathématicien, il est le fondateur de la géographie moderne, par sa projection pour cartographie. L’Eglise ne manquera pas de le poursuivre pour hérésie et l’emprisonnera même un temps à Anvers (Antwerpen). Son fils Rumold perfectionnera son travail jusqu’à l’édition des premiers atlas. L’Europe deviendra pour longtemps le centre mondial de la production de cartes et atlas.

La Renaissance unifie et modernise la langue néerlandaise et les Pays-Bas
Le néerlandais s’exprime, sur l’ensemble du territoire des 17 Provinces, souvent, localement, sous la forme de dialectes, comme le hollandais ou le flamand. Ou plus exactement "les" flamand(s), puisqu’on peut constater la pratique, jusqu’au début du 21e siècle, d’un dialecte ouest-flamand (le west-vlaemsch), d’un dialecte est-flamand (dont le Gantois), d’un dialecte brabançon (dont l’anversois). On désigne souvent à tort le néerlandais par le mot "flamand" en Flandre, et "Hollandais" aux Pays-Bas du Nord.
"Néerlandais" : un mot de 1482
Le terme "néerlandais", le seul correct, apparaît en 1482 dans un incunable de Gouda. Charles Quint (Keizer Karel) naît en 1500 et est reconnu majeur à 15 ans. Il s’implante à Bruxelles, hérite de l'Autriche et, à travers des rachats, devient Empereur du Saint-Empire romain germanique. Par une précédente stratégie volontariste d'alliances matrimoniales, le monde espagnol et l'Italie du sud sont sous sa responsabilité. Au sein de cet ensemble, Charles Quint unifie au 16e siècle les 17 Provinces. Elles correspondent aux Pays-Bas, à la Belgique-Luxembourg et au Nord de la France actuels. Elles regroupent principalement : Brabant, Limburg, Luxembourg, Flandre, Artois, Hainaut, Hollande, Zélande, Frise. Né à Gand (Gent), Charles Quint restera toujours attaché à la Flandre.
Le terme générique "Dietsch" est remplacé par "Niederlandsch"
A cette époque se crée, à l’unisson de l’unification territoriale, une conscience linguistique commune et le terme générique dietsch est remplacé par niederlandsch, qui marque clairement l’attachement aux "plats-pays". La 1re expression académique en est De Nederlandsche Spellinghe (L’Orthographe Néerlandaise) de Joos Lambrecht, en 1550.
Charles Quint ("Keizer Karel") : un chef d'état incomplet, limité
Keizer Karel est le 1er véritable chef d’état pour la Flandre et les Pays-Bas, pour ce qui est de l’organisation de l’Etat, de la justice, de l’administration fiscale ; on ne peut pas en dite autant de son humanité ni de sa capacité à briller autrement que par la guerre territoriale et des massacres et destructions, notamment face à la France de François 1er. Il n'aura pas non plus été capable de favoriser la liberté d'expression et et limitera l'activité des Rederijke kamers, des éditeurs, des imprimeurs, des écrivains.
Charles Quint ("Keizer Karel") : des destructions massives
L’unification décrite ci-dessus solde malheureusement un long conflit entre l’Empire de Keizer Karel, l’Angleterre, la France. Ce conflit dure ensuite pendant tout son règne, et il s’avèrera incapable de le résoudre autrement que par une recherche de domination territoriale. Sous son règne, France, Angleterre, Empire rivalisent d’invasions, d’exactions, de pillages, de destructions. Successivement :
la France ravage Hesdin, l’Artois ;
l’Empire Ardres, Montreuil ;
les Anglais Marquise, le Boulonnais ;
l’Empire l’Artois ;
les Anglais Boulogne ;
Keizer Karel, pour clore cette ruine, fait raser la sublime cité de Thérouanne en 1553, cathédrale incluse ;
Idem pour Hesdin et sa collégiale.
1555 : la mort de Charles Quint, une catastrophe pour les Pays-Bas
La mort de Charles Quint au milieu du 16e siècle est pourtant une catastrophe pour nos territoires, qui sont à peine stabilisés. Ils passent sous la houlette directe de 2 personnalités nommées par l'Empereur : successivement la tante de Charles Quint, Marguerite d'Autriche, puis sa soeur Marie de Hongrie. C’est précisément le 25 octobre 1555 que, malade, il se retire solennellement devant les Etats Généraux des Pays-Bas, dans la grande salle du magnifique Palais du Coudenberg à Bruxelles (dont il ne reste aucune trace, après l’incendie accidentel de 1731). Là où 40 ans auparavant les mêmes Etats Généraux l’avaient intronisé Duc de Bourgogne. Après sa mort, la région finira le 16e siècle dans de terribles guerres internes de religion.

Littérature : les Chambres de Rhétorique ("Rederijke Kamers")
En littérature et philosophie, les Chambres de Rhétorique (Rederijke Kamers) s’implantent dans chaque ville et bourg. Leur activité est littéraire, principalement axée sur le théâtre et la poésie. C’est un cas rare, dans l’histoire humaine, de diffusion populaire de l’art littéraire.
Les "Landjuwelen", des joutes oratoires populaires
Les joutes oratoires (théâtrales, philosophiques, poétiques) entre Kamers s’appellent les landjuwelen :
Elles sont organisés sur d’immenses scènes en place publique.
Le ton est souvent très libre et toutes les cités se rendent sur le lieu du concours, qui se déroule devant des places bondées, attentives.
La ville est parée : tapisseries aux fenêtres, rues décorées.
Les Kamers concurrentes font une entrée somptueuse, sur un char par les rues ou sur un bateau par les canaux. Le jour d’ouverture, une procession regroupe toutes les Kamers vers une église, puis on organise des feux d’artifice et des banquets, qui donnent lieu à des concerts collectifs de chants.
Une production orale
Par coutume, la production est malheureusement uniquement orale et nous ne disposons que de très peu d’écrits. L’exigence est au programme : pour le Landjuweel organisé à Gand (Gent) par la Kamer De Fonteine (la seule qui existe encore aujourd’hui), du 12 au 23 juin 1539, participent, dans l’ordre du jeu : Bruges (Brugge), Messines, Ypres (Ieper), Nieuwkerke, Nieuwpoort, Anvers (Antwerpen), Thielt, Leffinghe, Tirlemont, Axele, Bruxelles, Menin, Oudenaarde, Capryke, Courtrai (Kortrijk), Lo, Enghien, Bergues (Sint Winoksbergen), Deynze. Ces Kamers concourent sur :
1 question principale : "Welck den mensche stervende meesten troost ist ?" (Quelle est la plus grande consolation, pour un homme qui meurt ?) ;
3 questions secondaires, l’une de sagesse ("In’t vroede : Wat dier ter wereld meest foortse verwint ?" ; Sagesse : quel être vivant au monde gagne le plus par la force ?), la seconde de folie ("In’t sotte : Wat volk ter wereld meest sotteyt toocht ?" ; Folie : quels sont les gens, au monde, qui montrent la plus grande folie ?), la troisième d’amour ("In’t amoureuse : Och, mocht ick se spreken ic waer gepaeyt !" ; Amour : Ah, si je pouvais lui parler, je serais apaisé !).
La référence sur le sujet des Rederijke Kamers : Les chambres de Rhétorique, par l’écrivain, historien, Académicien belge Henri Librecht (La Renaissance du livre, 1948). Philippe Ducourant aborde aussi le sujet dans un article consacré à Andries Steven : https://www.les-plats-pays.com/.../andries-steven-figure.../. La “Soevereine Rederijkerskamer De Fonteine” à Gand (Gent) est toujours active (https://www.fonteine.be/index.php?p=5).


Erasme l’Européen : humanisme, philosophie
Érasme Van Rotterdam, appelé Érasme (Rotterdam, 27 octobre 1466 ou 1467 ou 1469 — Bâle, 12 juillet 1536) est l’un des plus géniaux porteurs de l’Europe, par l’humanisme et la philosophie. Auteur d’une trentaine d’ouvrages, Érasme fonde la notion moderne d’humanisme européen. Érasme est célèbre de son vivant.
Érasme débute à Cambrai (Kamerijk)
Prêtre hollandais, il débute dans la vie comme secrétaire de l’Evêque de Cambrai (Kamerijk). Il est enterré dans la Cathédrale de Bâle. Il refusera le protestantisme et sera très critique envers l’institution de l’Eglise catholique, refusant même, à la fin de sa vie, sa nomination comme Cardinal par le Pape. Sa devise est "Nulli concedo" (“Aucune concession, à personne"). Son ouvrage principal est la satire L’Éloge de la folie. Sa bibliothèque est conservée à Emden, en Frise allemande. L’une des meilleures études sur Érasme est signée de l’écrivain Stefan Zweig, comme le rappelle Antony Burlaud dans Le Monde diplomatique d’avril 2020 : "C’est sans doute ce drame personnel (de Stefan Zweig) — celui d’un intellectuel qui, percuté par l’histoire, assiste à la ruine de son monde et de son idéal — qui a nourri la part la plus forte de l’œuvre de Zweig. Il sous-tend Le Monde d’hier, sa magnifique autobiographie. Mais il inspire aussi les ouvrages 'historiques' qu’il consacra à la Renaissance et à la Réforme (Stefan Zweig, Grandeur et tragédie d’Érasme de Rotterdam(…), traduction nouvelle de Jean-Jacques Pollet, Les Belles Lettres, Paris, 2019). Qu’il ressuscite Érasme, prince des humanistes confronté à la grande houle luthérienne, qu’il mette en scène l’affrontement de Sébastien Castellion — protestant tolérant — et de la tyrannie calviniste, ou qu’il évoque Montaigne, retiré dans sa tour-bibliothèque et s’efforçant, en plein cœur des guerres de Religion, d’’être à soy’, c’est toujours sa propre tragédie que dépeint Zweig — celle du modéré à l’heure des grands conflits, de l’homme de raison au temps du fanatisme, de l’individu indépendant à l’ère des masses. L’affrontement est héroïque et le tableau poignant. Mais le combat semble toujours — dans le cas de Zweig comme dans celui de ses personnages — perdu d’avance."
Érasme van Rotterdam, le plus grand Européen, avec Charlemagne
Le principal programme européen d’échanges pour enseignants et étudiants, créé en 1987, porte son nom : « EuRopean Community Action Scheme for the Mobility of University Students » (Programme d'action européen pour la mobilité des étudiants). Érasme aura milité toute sa vie en faveur de la paix entre Européens.
Érasme, Thomas More, Montaigne fondent l'humanisme
En opposition au Moyen-Âge, qui soumet l'homme à Dieu, les humanistes mettent l'homme au centre. En parallèle de la diffusion de leur pensée, les grandes universités européennes s'affranchissent de la religion, comme l'Université de Louvain (Leuven). L'Anglais Thomas More (1477-1535), grand ami d'Érasme, édite en 1516, en latin, chez Dirk Martens à Louvain (Leuven), Utopiae. Succès littéraire. Il y propose une société idéale : heureuse, sociale, démocratique, ouverte. Il sera décapité par Henri VIII. Montaigne (1533-1592) publie Les Essais en 1588.

L’invention du capitalisme, dans les auberges : chacun peut détenir la richesse. Les gens créent le capitalisme
Le capitalisme permet à chacun de détenir la richesse, fonction qui n’est donc plus réservée aux seuls seigneurs. Naissent les entrepreneurs et les foires. Le crédit apparaît, et donc les banques. C’est la "Flandre marchande". Comme le précise la journaliste bruxelloise Géraldine Vessière, Bruges (Brugge) invente la bourse ; ce sont tout d’abord des aubergistes qui deviennent les intermédiaires des marchands, ou leurs négociateurs. Notamment les Van der Beurse… En 1409 la place de Bruges (Brugge) devient place boursière : on spécule et on échange les monnaies. Puis Anvers (Antwerpen) et son port s’imposent au 15e siècle et attirent les banquiers européens ; au 16e siècle Anvers (Antwerpen) est la 1re place boursière mondiale, finançant la circulation de nouveaux biens : l'exportation des tapisseries et draps, l'importation des produits des Indes, des pierres précieuses, de la laine d'Angleterre et d'Espagne, des velours et soies d'Italie. Le capitalisme est une formidable invention, à la fois populaire et porteuse de développement. Il sera l’un des outils majeurs de la progression de l’humanité. Même si à partir du 18e siècle il dérivera en partie, perdant son appartenance "aux gens"… Jusqu’aux limites constatées aujourd’hui… Bill Gates et Bono au Soir (23 février 2017) : "Le capitalisme est une brute qui a besoin d’instruction."

Musique : la polyphonie, fondatrice de la musique moderne
La polyphonie flamande assoira la musique moderne. J’aborde ce sujet dans 2 articles de ce site.
Orfèvrerie : richesse, finesse, profusion
En orfèvrerie, la richesse vertigineuse de la création régionale, sur un demi-millénaire, commence à s’exprimer sous Keizer Karel. L’ont montré :
une exposition organisée par Thérèse Vergriete au musée de Bergues en 1978,
une autre au Musée de Dunkerque en 1980,
le travail remarquable de Guy Messiant et Christian Pfister édité par Westhoek-éditions, de Jean Denise, en 1980 : Orfèvrerie en Flandre.

Plus de 30 peintres Flamands de la Renaissance
Rappelons que la Renaissance couvre la période 1500-1585. En peinture, sur les 4 principaux primitifs flamands (Jan Van Eyck, Hans Memling, Jheronimus Bosch, Pieter Brueghel de Oude), les 2 derniers sont intégrés à la Renaissance. Les peintres de la Renaissance, au sein des Pays-Bas, sont principalement des Flamands ; on en compte environ 30, dont les 3 générations des Pourbus de Bruges (Brugge) : Pieter Pourbus, Frans Pourbus de Oude, Frans Pourbus de Jonge.
Jheronimus Bosch
Jheronimus Bosch (’s-Hertogenbosch Bois-le-Duc 1450 - idem 1516). Son nom est Jheronimus Van Aken ; le nom Bosch vient du nom de sa ville : ’s-Hertogenbosch.


Pieter Brueghel l’Ancien ("de Oude") sort la peinture flamande du Moyen-Âge
Pieter Brueghel de Oude (Breda 1525 - Bruxelles 9 septembre 1569) est graveur et peintre. C’est le plus grand de toute cette série qui suit, avec Rembrandt. Il fait partie des 4 grands maîtres de l’école de peinture flamande et précisément de l’école d’Anvers (Antwerpen), avec Jan Van Eyck, Jérôme Bosch, Pierre-Paul Rubens. Il est le continuateur du style pratiqué par Jheronimus Bosch. On sait peu de choses de lui ; il s’établit à Bruxelles et est enterré sous la dalle de l’Eglise Notre-Dame de la Chapelle… Paul Van Nevel et le Huelgas Ensemble chantent régulièrement en cercle sur sa tombe… Pieter Brueghel de Oude fait sortir la peinture flamande du Moyen-Âge et la libère de la source italienne. Il n’existe plus que 50 tableaux de Pieter Brueghel de Oude. Le livre, à la fois le plus fou et le plus personnel, donc le plus attachant, sur Brueghel, est signé de l’écrivain, Dunkerquois, Claude-Henri Roquet (1933-2016) : Brueghel — De Babel à Bethléem (Le Centurion, 2014). Il s’agit de l’ensemble de tout ce qu’il a noté et écrit sur Brueghel pendant un demi-siècle.


Catharina Van Hemessen, peintre flamande de la Renaissance
Catharina Van Hemessen (Anvers-Antwerpen 1528-1587) est la première peintre flamande de la Renaissance et autrice du premier autoportrait d’artiste existant aujourd’hui au monde. Son père lui enseigne la peinture ; portraitiste, elle enseigne dans le cadre de la Ghilde de Saint-Luc d’Anvers (Antwerpen-). Elle se marie à l’organiste de la cathédrale Notre-Dame, compositeur ; malheureusement, elle cesse alors de peindre.

Roelandt Savery crée les bouquets et les portraits d'animaux
Roelandt Savery est né à Courtrai (Kortrijk) en 1576. Il est enterré à Utrecht le 25 février 1639. Sa contribution à la Renaissance : créer la peinture de bouquets en 1603 ; il est l’un des premiers Européens — et le premier Flamand — à portraitiser les animaux. Il servira les Empereurs d’Allemagne puis passe ses 20 dernières années à Utrecht.


Milieu du 16e siècle : le "Beeldenstorm" éclate à Steenvoorde. Il entraîne la coupure les Pays-Bas
La Flandre devient l’un des principaux champs de bataille de l’Europe, par épisodes, du milieu du 16e siècle au 20e siècle. Keizer Karel meurt en 1558. Dès 1566, à partir de Steenvoorde éclate la Beeldenstorm (tempête iconoclaste) : le petit peuple, misérable, s’en prend aux symboles de l’Eglise catholique toute puissante ; à travers elle c’est l’Espagne qui est également visée. Les 17 Provinces s’enflamment. 15 août à Steenvoorde… le 21 la Cathédrale d’Anvers (Antwerpen) est saccagée, le 22 la Cathédrale de Gand (Gent), Valenciennes le 24.

Parmi les sources : cf. bas de page de l'article FRANCS, GHILDES, BEFFROIS, PRIMITIFS. D'OÙ VENONS-NOUS ?




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