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SIÈCLE D'OR : 17E SIÈCLE. D'OÙ VENONS-NOUS ?

  • Dominique Neirynck
  • 26 févr. 2025
  • 21 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 oct. 2025

Nos origines 3

Nord(s), Flandre(s), Plats-Pays... 1600-1750 : notre héritage. Dunkerque, le 25 juin 1658 : espagnole le matin, française à midi (après la bataille des Dunes), anglaise le soir (remise par Louis XIV à l’Angleterre). Les Flamands, ou l’art d’être Européens avant l’heure. Le 17e siècle est en or pour nos Pays-Bas. Malheureusement surtout pour les Pays-Bas du Nord.

À Isabelle, Archiduchesse, la meilleure cheffe d’état de notre histoire

Superbe portrait d’Isabelle par Pierre-Paul Rubens. Amour envers son peuple, rayonnement des arts et des sciences, justice, paix, prospérité. Elle est la plus grande leader de l’histoire de la Flandre et Pays-Bas.
Superbe portrait d’Isabelle par Pierre-Paul Rubens. Amour envers son peuple, rayonnement des arts et des sciences, justice, paix, prospérité. Elle est la plus grande leader de l’histoire de la Flandre et Pays-Bas.

Peinture : de la Renaissance du 16e siècle au Baroque du 17e siècle, le Siècle d'Or

Les peintres du Siècle d’Or, répartis entre la Flandre et les Pays-Bas du Nord, seront des dizaines. Ils pratiquent la peinture baroque, dont les principaux signataires sont Pieter Brueghel de Jonge, Jan Brueghel de Oude, Rubens, Frans Hals, Antoon Van Dyck, Jacob Jordaens, Theodore Van Loon, Vermeer, Rembrandt. La peinture baroque se caractérise par le mouvement et l’exubérance des formes, la splendeur (notamment des décors), l’idéalisation et la dramatisation.


Pieter Brueghel de Jonge (le Jeune), Jan Brueghel de Oude (l’Ancien), Jan Brueghel de Jonge (le Jeune)

Les Brueghel sont 3, en dehors du patriarche Pieter Brueghel de Oude :

  • Pieter Brueghel de Jonge (le Jeune) : le fils aîné de Pieter Brueghel de Oude, Pieter Brueghel de Jonge (Bruxelles 1564 - Anvers-Antwerpen 1636) poursuit et imite le travail de son père.

  • Jan Brueghel de Oude (l’Ancien) est le fils cadet (Bruxelles 1568 - Anvers-Antwerpen 1625). Il est appelé le "peintre des allégories et des fleurs". Il est l’ami de Pierre-Paul Rubens.

  • Jan Brueghel de Jonge (le Jeune) (Anvers-Antwerpen 1601 - idem 1678) est le fils de Jan Brueghel de Oude (l’Ancien) et poursuivra le travail de son père sur les fleurs.

Jan Brueghel de Oude est le fils cadet de Pieter Brueghel de Oude. Il est appelé le "peintre des allégories et des fleurs".
Jan Brueghel de Oude est le fils cadet de Pieter Brueghel de Oude. Il est appelé le "peintre des allégories et des fleurs".

Pierre-Paul Rubens

Pieter Paul Rubens (Siegen 1577 - Anvers-Antwerpen 1640) produira 1400 peintures. Il jouit d’une position sociale reconnue, jusqu’à mener des fonctions diplomatiques. Son père était conseiller de Willem Van Oranje. Rubens passe 10 ans en Italie pour y étudier la Renaissance. De retour à Anvers (Antwerpen), il se fait construire un palais, devenu le musée Rubenshuis.

Pieter Paul Rubens : Portrait d'une camériste. Graphische Sammlung Albertina Vienne.
Pieter Paul Rubens : Portrait d'une camériste. Graphische Sammlung Albertina Vienne.

Pieter Paul Rubens : Autoportrait de 1623 (chapeau noir).
Pieter Paul Rubens : Autoportrait de 1623 (chapeau noir).

Frans Hals, le portraitiste, un maître pour Arthur Van Hecke

Arthur Van Hecke le considérait comme son maître en matière de portraits. Frans Hals (Anvers-Antwerpen 1580 - Haarlem 1666) est un coloriste : ses nuances de noir sont uniques. Frans Hals est un remarquable portraitiste, intéressé par l’homme qu’il peint, quel que soit son niveau social. C’est très net dans Le joyeux buveur : l’analyse psychologique est fine et profonde… Frans Hals est curieux envers les gens. Frans Hals est l’un des 3 principaux peintres baroques néerlandais du 17e siècle, avec Rembrandt et Johannes Vermeer. Il influencera les réalistes comme Courbet et les impressionnistes comme Van Gogh. Sa famille illustre le recul des Pays-Bas du Sud lorsque les Espagnols prennent le pouvoir : ses parents quittent Anvers (Antwerpen-) — où son père est marchand de draps — pour Haarlem.

Le joyeux buveur de Frans Hals. Frans Hals, qu’Arthur Van Hecke considérait comme un maître en portrait, est l’un des plus grands portraitiste de l’histoire, profond psychologique. On remarquera le fin traitement de la lumière dans le verre.
Le joyeux buveur de Frans Hals. Frans Hals, qu’Arthur Van Hecke considérait comme un maître en portrait, est l’un des plus grands portraitiste de l’histoire, profond psychologique. On remarquera le fin traitement de la lumière dans le verre.

Série de timbres-poste néerlandais de 1937 célébrant l'enfance, illustrés du Jeune garçon riant de Frans Hals. La présence de l’enfant est saisissante. Wouter Hagens : scanned from own collection.
Série de timbres-poste néerlandais de 1937 célébrant l'enfance, illustrés du Jeune garçon riant de Frans Hals. La présence de l’enfant est saisissante. Wouter Hagens : scanned from own collection.

Antoon Van Dyck, prodige de la peinture

Antoon Van Dyck (Anvers-Antwerpen 1599-1641) est un peintre prodige, à l’aisance déconcertante : il signe son premier autoportrait à 16 ans (aujourd’hui à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne). Son père est marchand de soieries à Anvers (Antwerpen). Il sera l’élève de Rubens et deviendra son assistant. Van Dyck réside à Londres, Anvers (Antwerpen), Gênes. Il meurt à Londres, de maladie, à 42 ans, 8 jours après la naissance de sa fille. Anvers (Antwerpen) le fêtera en 1999 par 4 expositions, dont Van Dyck le peintre, au Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen (Musée royal des Beaux-Arts), organisée par Christopher Brown, directeur du Ashmolean Museum d’Oxford de 1998 à 2014, qui est considéré comme le meilleur spécialiste de Van Dyck.

Antoon Van Dyck. Peintre prodige, élève puis assistant de Rubens. Autoportrait, département des Arts graphiques du Musée du Louvre / Angèle Dequier.
Antoon Van Dyck. Peintre prodige, élève puis assistant de Rubens. Autoportrait, département des Arts graphiques du Musée du Louvre / Angèle Dequier.

Une réalisation moins connue d’Antoon Van Dyck : Paysage avec port dans le fond. Barber Institute of Fine Arts Birmingham.
Une réalisation moins connue d’Antoon Van Dyck : Paysage avec port dans le fond. Barber Institute of Fine Arts Birmingham.

Antoon Van Dyck : Princess Elizabeth and Princess Anne. Scottish National Portrait Gallery.
Antoon Van Dyck : Princess Elizabeth and Princess Anne. Scottish National Portrait Gallery.

Theodore Van Loon : un hommage original par BOZAR à Bruxelles en 2018

Van Loon (Erkelens 1581 - Maastricht 1649) est un peintre baroque. Lu sur le site internet de la RTBF : "Peintre singulier dans le panorama artistique des anciens Pays-Bas méridionaux, Théodore Van Loon est pratiquement inconnu du grand public. Il fut l'un des premiers 'peintres flamands' à s'inspirer des œuvres du Caravage et des peintres italiens". En 2018 BOZAR (l'enseigne du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles) lui consacre une rétrospective, dans laquelle est intégrée un concert remarquable de Paul Van Nevel et du Huelgas Ensemble : The ear of Théodore Van Loon. Le concert présente "les œuvres que Théodore van Loon a pu entendre au cours de sa vie et dans ses voyages. (…) Le programme imaginé par Paul Van Nevel nous plonge dans une période clef de l’histoire de la musique. Théodore Van Loon séjourne à Bruxelles où il honore les commandes de la cour des archiducs Albert et Isabelle, mais il fait également plusieurs voyages à Rome. A Bruxelles comme à Rome, les polyphonies vocales de la fin de la Renaissance se mêlent aux premières heures de la musique baroque".


Jacob Jordaens, à la suite de Rubens

Jordaens (Anvers-Antwerpen 1593-1678) est peintre et graveur. Il collabore régulièrement aux peintures de Rubens.


Jan Van der meer, dit Johannes Vermeer, ou Vermeer de Delft

Vermeer (Delft 31 octobre 1632 - Delft 15 décembre 1675), l’un des grands baroques néerlandais, produit relativement peu de peintures et est oublié après sa mort. Son père est tisserand en étoffes de soie et aubergiste. On possède très peu d’informations sur lui ; c’est un critique d’art français, Théophile Thoré-Burger, qui l’éclaire à nouveau en 1866 puis Marcel Proust qui le promeut : "Depuis que j’ai vu au musée de La Haye une Vue de Delft, j’ai su que j’avais vu le plus beau tableau du monde" (lettre à J.-L. Vaudoyer, 2 mai 1921). Il est ensuite considéré comme l’un des plus grands du Siècle d’Or néerlandais et La Laitière devient l’un des tableaux les plus célèbres de l’histoire de la peinture. Ruiné malgré son succès, il est enterré temporairement dans la Westerkerk et sa tombe disparaît.

Johannes Vermeer de Delft : Vue de Delft. Marcel Proust : "Depuis que j’ai vu au musée de La Haye une Vue de Delft, j’ai su que j’avais vu le plus beau tableau du monde." Mauritshuis / Wikimedia Commons.
Johannes Vermeer de Delft : Vue de Delft. Marcel Proust : "Depuis que j’ai vu au musée de La Haye une Vue de Delft, j’ai su que j’avais vu le plus beau tableau du monde." Mauritshuis / Wikimedia Commons.

Rembrandt Harmenszoon Van Rijn, connu sous son seul prénom : peintre du Siècle d’Or aux Pays-Bas du Nord

Le plus grand du Siècle d’Or. Rembrandt (Leyde 15 juillet 1606 ou 1607 - Amsterdam 4 octobre 1669) est prolixe : 1000 peintures, eaux-fortes, dessins, dont 100 autoportraits. Son père est meunier sur le Rhin. Maître du contraste et des scènes vivantes, il ne quittera jamais les Provinces-Unies.

Rembrandt, fils de meunier. Le plus grand. Ici De Staalmeesters (Les Syndics des drapiers). Rijksmuseum Amsterdam / Wikimedia Commons
Rembrandt, fils de meunier. Le plus grand. Ici De Staalmeesters (Les Syndics des drapiers). Rijksmuseum Amsterdam / Wikimedia Commons

Baruch Spinoza : philosophe du Siècle d’Or aux Pays-Bas du Nord… Le précurseur des Lumières et de nos démocraties modernes

"Ne pas se moquer, ne pas se lamenter, ne pas détester, mais comprendre" : Baruch Spinoza. L’un des philosophes majeurs du 17e siècle naît le 24 novembre 1632 à Amsterdam et décède le 21 février 1677 à La Haye (Den Haag). Il rompt les habitudes philosophiques par son rationalisme et fait partie des penseurs qui influencent directement les idées pour les siècles qui suivent. Sa famille, des Juifs espagnols puis portugais, a fui l’Espagne puis le Portugal face à l’Inquisition catholique et a choisi Amsterdam pour sa tolérance. La maison des Spinoza est dans le Jodenbuurt (quartier juif). Il parle portugais (sa langue maternelle), espagnol, néerlandais (la langue du commerce, du droit). A l’école juive il apprend l’hébreu puis maîtrisera le grec ancien, le français, l’allemand, l’italien, le latin. A son tour il est mis au ban des Juifs d’Amsterdam par une excommunication. Il choisit La Haye (Den Haag) comme lieu de domicile. Pour vivre il taille des lentilles pour microscopes et lunettes. Il promeut la liberté de philosopher face aux religions dans son Traité théologico-politique. Son autre grand titre, L’Ethique, ne peut être publié de son vivant :

  • le Traité théologico-politique critique la soumission de la philosophie à la religion et pose les fondements de la laïcité et de la démocratie moderne ;

  • Ethique est un véritable guide de vie.

Hegel et Nietzsche le tenaient pour l’un des plus grands penseurs. Il est enterré dans le carré protestant du cimetière de La Haye (Den Haag). Heureusement ses manuscrits (Ethique, et des traités inachevés : Traité de la réforme de l'entendement, Traité politique) sont sauvés par ses amis le médecin Lodewijk Meyer et le philosophe Jarig Jellesz, qui les publieront. Lui qui subit très tôt une cascade de décès familiaux autour de lui et vit malade, développe une éthique de la joie et du bonheur, et une philosophie de la liberté, caractérisant l’homme par son désir, reliant corps et esprit. C’est ce que les religions ne supportent pas :

  • Spinoza ne distingue pas Dieu de la nature : Dieu et la substance du réel ne font qu’un ; c’est le monisme. Et le réel peut être matière ou pensée.

  • Conséquence : Dieu ne peut créer le monde, puisqu’il est le monde ; Dieu ne peut intervenir sur le monde par exemple en punissant ou en déterminant les événements — par fantaisie, par volonté — puisqu’il ne lui est pas extérieur.

  • La conséquence suivante, vertigineuse, est : le monde ne peut être autrement, il est tel qu’il doit être. Nécessairement : nec esse (il ne peut en être autrement).

  • Donc notre libre arbitre est une illusion et notre liberté est d’accepter le monde tel qu’il est, de comprendre ce qui nous pousse à agir, de nous représenter justement le monde et nous-même, bref d’accompagner la nécessité du monde. Ainsi connaît-on et accompagne-t-on notre existence, de manière lucide, plutôt que de la contrer ; le résultat en est la Joie, réconciliation avec soi et les autres : on est en phase avec soi-même.

Charles Hadji, ancien Professeur en sciences de l’éducation à l’Université Grenoble Alpes — UGA, situe Spinoza par ses définitions de la liberté (sur le site The Conversation le 7 décembre 2020) :

  • la liberté d’agir : “Qui a un corps capable de faire beaucoup de choses, a un esprit dont la partie la plus grande est éternelle” (Ethique, V, p. 39) ;

  • la liberté d’expression : “La Foi donc reconnaît à chacun une souveraine liberté de philosopher ; de telle sorte qu’il peut sans crime penser ce qu’il veut de toutes choses” (TTP, fin du chapitre XIV) ; “Dans un État libre il est loisible à chacun de penser ce qu’il veut et de dire ce qu’il pense” (TTP, chapitre XX) ; le droit de trancher du vrai et du faux, et de professer telle ou telle opinion, est “un droit dont personne, le voulût-il, ne peut se dessaisir” ;

  • la liberté de penser : “Tout ce à quoi nous nous efforçons par raison, c’est de comprendre” (Ethique, IV, p. 26) ; “Il est donc utile avant tout dans la vie de mener l’intelligence (intellectum) ou raison (ratio) jusqu’à la perfection, autant qu’on le peut ; en cela seul consiste le bonheur suprême de l’homme, ou béatitude” (Ethique, IV, Appendice) ; “Un sentiment est mauvais (ou nuisible) dans la seule mesure où il empêche l’esprit de penser” (V, p. 9) ;

  • la liberté d’être vivant, d’exister : “L’homme libre ne pense jamais à la mort ; sa sagesse n’est pas une méditation de la mort, mais de la vie” (IV, p. 67).

On lira utilement :

  • Jean-Christophe Blondel (magazine l’éléphant, n° 26, avril 2019).

  • Le miracle Spinoza de Frédéric Lenoir, ainsi présenté par l’auteur : "Au cours des vingt années qui lui restent à vivre, Spinoza édifie une œuvre révolutionnaire. Comment cet homme a-t-il pu, en plein XVIIe siècle, être le précurseur des Lumières et de nos démocraties modernes ? Le pionnier d'une lecture historique et critique de la Bible ? Le fondateur de la psychologie des profondeurs ? L’initiateur de la philologie, de la sociologie et de l’éthologie ? Et surtout, l'inventeur d'une philosophie fondée sur le désir et la joie, qui bouleverse notre conception de Dieu, de la morale et du bonheur ? A bien des égards, Spinoza est non seulement très en avance sur son temps, mais aussi sur le nôtre. C'est ce que j’appelle le 'miracle Spinoza.’" Son influence sur la pensée est considérable ; son chemin croise celui de la relativité d’Einstein.

  • La philosophie de Spinoza — Repères, de Philippe Danino, Professeur agrégé en classes préparatoires et membre associé au Centre d'histoire des philosophies modernes de la Sorbonne (Paris 1). Le livre se termine sur un résumé des 7 ouvrages de Spinoza. Philippe Danino redéfinit clairement les termes et concepts utilisés par Spinoza, sources d’incompréhensions.

La statue de Spinoza à Amsterdam. L’un des plus grands philosophes de l’histoire. "Je crois au Dieu de Spinoza" : Albert Einstein.
La statue de Spinoza à Amsterdam. L’un des plus grands philosophes de l’histoire. "Je crois au Dieu de Spinoza" : Albert Einstein.

Joost Van den Vondel, dit Vondel : écrivain, dramaturge, poète du Siècle d’Or aux Pays-Bas du Nord

Joost Van den Vondel (Cologne 1587 - Amsterdam 1679), dit Vondel, est le pivot de la littérature néerlandaise sur 1 millénaire. Comme on dit "la langue de Shakespeare" pour l’anglais, "la langue de Cervantes" pour l’espagnol, "la langue de Molière" pour le français, "la langue de Goethe" pour l’allemand, "la langue de Dante" pour l’italien, on dit "la langue de Vondel" pour le néerlandais. Ces écrivains ont un point commun : ils symbolisent par leur talent et la qualité de leur création le point culminant de l’évolution d’une grande langue moderne de l’Europe, ce moment quand elle se stabilise et cesse d’évoluer fortement, pour entrer dans une période féconde, d’épanouissement culturel et de diffusion planétaire. Mort à 91 ans à Amsterdam, Vondel aura produit 32 tragédies, la plus connue étant Gijsbrecht Van Aemstel. Hommages :

  • il repose dans la Nieuwekerk à Amsterdam, l’église dans laquelle on couronne les rois ;

  • le Vondelpark, principal parc d’Amsterdam, porte son nom.

Point important, qui illustre les paragraphes ci-dessus : Van den Vondel se convertit au catholicisme pour son mariage, mais ses parents étaient Anversois et avaient fui la Flandre pour l’Allemagne, puis pour Amsterdam. Il sera un militant infatigable de la liberté et de la tolérance.

Joost Van den Vondel, dont la production est le point culminant de l’évolution du néerlandais. Pour dire "le français" on dit "la langue de Molière" ; pour dire "le néerlandais", on dit "la langue de Vondel".
Joost Van den Vondel, dont la production est le point culminant de l’évolution du néerlandais. Pour dire "le français" on dit "la langue de Molière" ; pour dire "le néerlandais", on dit "la langue de Vondel".

Michiel de Swaen, Dunkerquois, poète et dramaturge

Le Dunkerquois Michiel de Swaen (1654-1707) est un grand poète et dramaturge néerlandophone du 17e siècle. Il souffrira du manque de liberté et des guerres qui sont l’apanage des Pays-Bas du Sud et admirera l’esprit d’ouverture et de tolérance des Pays-Bas du Nord, où son fils partira vivre, à Rotterdam. Ses pièces principales sont De gecroonde leerse (La botte couronnée) et De zedighe doot van Carel den Vijfden (L’humble mort de Charles Quint). Il sera marqué par la disparition de l’unité et la paix néerlandaises, et l’exprimera dans son poème Aan de Heer van Heel (Au Maître des cieux) :

Wat claegt gy, heer van Heel, wat doet gy Hollant treuren,

Omdat een wilde Swaen syn kust verlaten heeft ?

De Swaen, met een meerder recht, tot rouwe sigh begeeft,

Nu een soo soet verblyf niet meer hem magh gebeuren.

O Hollant ! vreedsaem lant, waerin de vryheyt leeft,

Wat socht ik die vergeefs by uwe nagebueren,

Waer Frans en Castiliaen de rust en vrede schueren,

Waar't hooft der borgery voor vreemde heeren beeft…

O had ik, lieve Lant, in uw begryp gebleven,

Hoe vroylyk wiert myn stem tot singen voorts gedreven,

Of aen de Rotte-stroom, of midden op de Maes!

Nu leef ik in een oort waer vreughde is uytgeweken;

Myn spys is bittre gal, myn sang… Eylaes ! Eylaes !

Och! Och! waer heb ik my, misleyde Swaen, versteken !

(Qu'y a-t-il, Maître des cieux, pourquoi plonger la Hollande dans le deuil,

Parce qu'un cygne sauvage a quitté sa côte ?

Si quelqu'un doit être endeuillé, c'est bien le cygne,

Depuis qu'il ne peut plus vivre en si bel endroit.

Ô Hollande ! Paisible pays, dans lequel s’épanouit la liberté,

Qu’en vain je cherchais dans les pays limitrophes,

Où Français et Castillans ont anéanti le calme et la paix,

Où la bourgeoisie tremble sous le joug de seigneurs étrangers…

Ô, cher pays, si seulement j’avais pu rester sous ton règne,

C’est la voix remplie de joie que je chanterais pour toi,

Que ce soit au bord de la Rotte ou au milieu de la Meuse !

Je suis désormais contraint de vivre dans un endroit où toute joie s’est envolée,

Ma nourriture est amère comme l’absynthe et mon chant… Hélas ! Hélas !

Ah ! Où me suis-je, pauvre cygne, emprisonné ?) Source : Wikipedia

Le dramaturge dunkerquois Michiel de Swaen.
Le dramaturge dunkerquois Michiel de Swaen.

Le “Sanderus”, œuvre topographique, gigantesque et unique, sur notre histoire et notre géographie de Flandre

Antoon Sanders nait à Anvers (Antwerpen) le 15 septembre 1586. Ses parents — son père est médecin — ont quitté Gand (Gent) pour fuir la guerre de religions. Il étudie à Audenarde (Oudenaarde), Gand (Gent) chez les Jésuites, et Douai (Dowaai) au séminaire. Il est prêtre en 1615, à Oosteeklo et Sleidinge, 2 villages au nord de Gand (Gent). Il repart à Douai (Dowaai) pour y préparer une licence de théologie, qu’il obtient en 1614. Il est chanoine de la Cathédrale Sint-Martin (Sint-Maartenskathedraal) d’Ypres (Ieper). En 1630 il se lance dans l’aventure du Flandria Illustrata, dit Sanderus, œuvre gigantesque et unique sur notre histoire et notre géographie, notamment par le recrutement de géomètres et de dessinateurs (ainsi Vedastus du Plouich, probablement de Bailleul-Belle). Il décède le 10 janvier 1664 à Afflighem, chez les Bénédictins, à 77 ans, et est enterré dans l’église de l’abbaye. Les révolutionnaires français détruisent sa tombe et son cercueil est vidé en 1830 et vendu pour son plomb…

Ypres (Ieper) vu par Sanderus. L'illustration de garde de l'article représente Gand (Gent).
Ypres (Ieper) vu par Sanderus. L'illustration de garde de l'article représente Gand (Gent).

1581 : les Pays-Bas du Nord s’unissent et "dégagent" le Roi d’Espagne… La 1re République de l’histoire moderne vient de naître

L’Espagne mate cet appel à la liberté par une répression terrible et une guerre qui ruine les Pays-Bas du Sud :

  • Le Gouverneur de Flandre, le modéré Comte d’Egmont, qui aura tenté de réconcilier les opposants religieux, protestants et catholiques, est malgré cela décapité par l’Espagne sur la place de Bruxelles le 4 juin 1568.

  • 30 années de guerre vont suivre ; en un premier temps l’ensemble des 17 Provinces des Pays-Bas se battent contre l’Espagne occupante. La révolte est menée par Willem Van Orange, de Zwijger (Guillaume d’Orange, le Taciturne). L’écrivain Charles De Coster, en 1867, fera paraître Tyl Uilenspiegel (La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d'Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au pays des Flandres) : Tyl figure la résistance flamande contre l'occupation espagnole ; Gérard Philippe et Joris Ivens (le mari de Marceline Loridan) en tireront un film en 1956 (avec Jean Carmet dans le tôle de Lamme).

  • Après des décennies de batailles, de trahisons, de traités, le résultat tombe : le 26 juillet 1581 les 7 Provinces des Pays-Bas du Nord se séparent de l’Espagne (et des Pays-Bas du Sud). Elles "dégagent" Philippe II, le Roi d’Espagne, renversent ses statues et rompent son sceau. La 1re République de l’histoire moderne est née, contre les monarchies-nations européennes. Sans effusion de sang. Et sans volonté de domination d’autrui ni de prosélytisme.

Sont ainsi fondés les Pays-Bas actuels ; le Nord de la France et la Belgique naîtront plus tard au Sud. Si Willem Van Oranje réussit à mener cette fronde à 7, pour autant les Pays-Bas des 17 Provinces voulues par Keizer Karel ont vécu.



2 cartes des 17 Provinces-Unies.
2 cartes des 17 Provinces-Unies.

"De Gouden Eeuw" : le Siècle d’Or. Un 17e siècle d’exception… seulement pour les Pays-Bas du Nord

Le problème pour les Pays-Bas du Sud (les actuels Nord de la France et Belgique), c’est que les élites (économique et intellectuelle) des Provinces du Sud s’enfuient au Nord ou sont chassées, avec leurs richesses, leurs savoir-faire, leur dynamisme, leur réputation. S’ensuivra une période florissante pour les Provinces du Nord et un sous-développement du Sud, qui marqueront les siècles suivants. Exemples :

  • Lille chasse 300 habitants, pour la plupart des tisserands… et l’économie locale s’effondre.

  • Douai chasse 180 "bannis".

  • Hondschoote, en 1500, est, par la fayetterie (travail du lin), l’un des premiers centres textiles d’Europe : le lin Hondiscota est l’un des préféré des Italiens. Hondschoote compte, selon les sources, 20 à 28000 habitants. Pour cette époque c’est considérable. La population passe brutalement à… 3500, chiffre qui est toujours actuel.

  • Anvers (Antwerpen) passe de 100000 habitants en 1560 à 42000 en 1589. Joost van Den Vondel, Amstellodamois, initiateur de la littérature néerlandaise, est issu de parents qui ont fui Anvers (Antwerpen). Lieven de Key, l’architecte de Haarlem, est Gantois. C’est un Anversois, Willem Usselincx, qui fonde la GWC, Geoctroyeerde Westindische Compagnie (Compagnie néerlandaise des Indes occidentales), qui elle-même implante New Amsterdam, la future New York, ou Le Cap en Afrique du Sud.

En revanche, la population d’Amsterdam double entre 1600 et 1620 et atteint 150000 habitants en 1650. Les Pays-Bas du Nord, enrichis par cet exode, particulièrement la Hollande, particulièrement Amsterdam, s’engouffrent dans la prospérité. C’est de Gouden Eeuw, le Siècle d’Or. Il couvre le 17e siècle et fait des Pays-Bas du Nord l’une des principales puissances mondiales : liberté d’opinion, liberté de culte, tolérance, commerce mondial, immigration encouragée, progrès social partagé.


Willem Van Oranje - Guillaume d’Orange. Il mène la résistance des 17 Provinces-Unies contre l’occupant espagnol. Ne sauvant que les 7 du Nord. Tyl Uilenspiegel - Tyl l’Espiègle illustrera cette résistance.
Willem Van Oranje - Guillaume d’Orange. Il mène la résistance des 17 Provinces-Unies contre l’occupant espagnol. Ne sauvant que les 7 du Nord. Tyl Uilenspiegel - Tyl l’Espiègle illustrera cette résistance.

New Amsterdam... qui deviendra New York.
New Amsterdam... qui deviendra New York.

Eh oui : c’est New York. Que la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales fonde et appelle New Amsterdam.
Eh oui : c’est New York. Que la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales fonde et appelle New Amsterdam.

C’est un Anversois, Willem Usselincx, qui fonde la GWC, Geoctroyeerde Westindische Compagnie (Compagnie néerlandaise des Indes occidentales). Ici la Résidence de la Compagnie des Indes néerlandaises, à Amsterdam.
C’est un Anversois, Willem Usselincx, qui fonde la GWC, Geoctroyeerde Westindische Compagnie (Compagnie néerlandaise des Indes occidentales). Ici la Résidence de la Compagnie des Indes néerlandaises, à Amsterdam.

1er tiers du 17e siècle : la prospérité touche temporairement les Pays-Bas du Sud. Ou le génie d’un modèle : l’Archiduchesse Isabelle

Le décrochage profond des Pays-Bas du Sud sera heureusement freiné par l’arrivée au pouvoir d’Isabelle. Petite-fille de Keizer Karel (Charles Quint), elle est mariée par son père Philippe II, le Roi d’Espagne, à un petit-fils de Charles Quint, Albert (cousin d’Isabelle), fils de l’Empereur Maximilien. Or Philippe donne en dot à Isabelle les Pays-Bas du Sud, Flandre incluse. Le peuple, qui retrouve un espoir de justice, de paix, de prospérité, ne s’y trompe pas : quand Albert et Isabelle se présentent, ville par ville, dans toutes les cités l’accueil est indescriptible, triomphal, comme à Bruxelles en septembre 1599, Douai (Dowaai) le 5 février 1600, Arras (Atrecht) le 6, Valenciennes le 19… arcs de triomphe, illuminations, défilés, fontaines de vin. Ils règnent de 1598 à 1621 et installent leur Cour à Bruxelles. Ils signent en 1609 une trêve avec les Pays-Bas du Nord. Leur règne est marqué par le développement économique, le renouveau culturel et artistique. Isabelle aime son territoire et son peuple : on peut la voir tirer à l'arc avec les confrères d’une Ghilde. Ainsi Place des Sablons à Bruxelles le 15 juin 1615 avec la Ghilde des arbalétriers… et elle enlève le papegai ! On lira le remarquable catalogue d’exposition Albert et Isabelle proposé par le musée du Cinquantenaire à Bruxelles (devenu le Musée Art & Histoire, dans le Parc du Cinquantenaire) à l’automne 1998, paru chez Brepols, sous les plumes de Luc Duerloo, commissaire (et professeur d’histoire à l’Université d’Anvers), et Werner Thomas, commissaire-adjoint. Voici 4 siècles, Isabelle fait de la Cour un lieu d’ouverture et de rayonnement, finançant notamment la naissance du baroque flamand. Albert et Isabelle s’entourent d’artistes, d’architectes, de scientifiques. Rubens est l’exemple le plus illustre, et il les a beaucoup peints. Citons aussi l’architecte Wenzel Cobergher. Veuve depuis 12 ans, Isabelle meurt au Coudenberg le 1er décembre 1633 ; elle repose, avec Albert, dans la chapelle Sainte-Gudule de la cathédrale de Bruxelles. Isabelle restera le modèle de ce qu’il faut être et faire en politique : prendre le pouvoir pour servir (et non par goût du pouvoir), aimer naturellement les gens qu’on dirige, leur donner paix, prospérité, justice, s’entourer de penseurs et d’artistes de niveau international.


2 derniers tiers du 17e siècle : les états-nations Espagne et France ravagent les Pays-Bas du Sud

La mort d’Isabelle et Albert fera à nouveau tomber la Flandre et les Pays-Bas du Sud dans une sombre période de guerres et leur cortège d’atrocités, entre la France et l’Espagne. Qui se soldera par la scission de la Flandre entre la France et ce qui plus tard deviendra la Belgique. En 2 temps.


Premier temps : L’annexion sanglante du futur Nord-Pas-de-Calais par la France (1635-1678)

2 ans seulement après la mort d’Isabelle, la France déclare la guerre à l’Espagne dans le but de conquérir les possessions de cette dernière : les Pays-Bas du Sud. La suite, désignée sous le nom de Guerre de Trente ans, désertifiera la région, par une succession de conquêtes de villes accompagnées d’une ruine totale :

  • Arras en 1640,

  • Aire sur la Lys en 1641,

  • Béthune, Gravelines, Mardyck en 1645,

  • Dunkerque en 1646 puis 1658,

  • Lille en 1667 puis en 1708,

  • Valenciennes en 1677,

  • Denain et Marchiennes en 1712.

La population est ravagée par les famines, les épidémies (dont la peste), la pauvreté, les dévastations. Sans compter le départ de milliers d’habitants de l’Artois et du Hainaut plus haut vers le nord. Les premières activités de la France dans les Pays-Bas du Sud seront marquées longtemps par le souci principal, sinon exclusif, à la fois de lever l’impôt et de construire une frontière militarisée. La politique commerciale et économique se concentre surtout sur la volonté de casser nos liens avec les Pays-Bas du Nord, par des taxations à la frontière.


“Le peuple n’attend qu’une chose : le retour des Pays-Bas espagnols”

En 2012 la journaliste Anaïs Gerbaud réalise un dossier remarquable dans L’Express : Comment Lille et le Nord-Pas-de-Calais sont devenus français. Elle interroge l’historien Alain Lottin : “En 25 ans le royaume de France s’empare d’une partie de l’Artois et de Lens. Massacres, pillages et incendies ravagent la région. Il faut aussi tenir compte des épidémies meurtrières, qui sont souvent liées à la guerre. Cela entraîne un exode massif des habitants de l’Artois vers la Flandre. Aucune estimation du nombre de morts ne peut être avancée. On sait que des villages ont vu leur population diminuer d’un tiers, voire de la moitié. (…) Le rattachement au royaume de France provoque de graves difficultés économiques car les exportations, notamment de produits textiles, s’effondrent. Jusqu’alors on exportait les marchandises par les deux fleuves transversaux, la Lys et l’Escaut. Des taxes très lourdes sont imposées à la nouvelle frontière, qui coupe fleuves et routes, et donc le commerce vers les Pays-Bas. De plus, la France stoppe l’exportation vers l’Espagne et ses possessions d’Amérique du Sud pour les réorienter vers la France. Le peuple n’attend qu’une chose : le retour des Pays-Bas espagnols.”


“L’annexion à la France signe le début d’une époque de perdition”

Anaïs Gerbaud nous fait découvrir le document de Chavatte, écrit en picard. L’article est titré Chavatte, chroniqueur de la résistance flamande et sous-titré Simple tisserand, Pierre-Ignace Chavatte est l'auteur d'une chronique qui exprime tous les ressorts de l'aversion du peuple envers les Français. Extrait : “Au milieu du 17e siècle, à Lille, 20000 employés vivent du textile, et surtout de la sayetterie, la fabrication d'étoffes. Pierre-Ignace Chavatte est l'un d’eux. Il a environ 22 ans lorsqu'il commence sa chronique, en 1657. Le tisserand et sa famille habitent le quartier populaire de Saint-Sauveur. Ils sont particulièrement exposés lors du siège de Lille, en 1667 : “C’était un grand désastre de voir les pauvres paysans arriver de tous les côtés pour mettre leurs biens dans les villes.” (…) L’annexion à la France signe le début d’une époque de perdition. D'autant que le roi se conduit en mauvais chrétien, s’indigne-t-il : en 1683, alors que la Flandre est en paix et que l'empereur germanique est assiégé par les Turcs, 'le roi de France ne vint pas (le) secourir, préférant tout ruiner et piller la Flandre'. Chavatte a bénéficié de l'éducation obligatoire pour tous aux Pays-Bas, délivrée par des catholiques. Dix ans après le rattachement de Lille à la France, Chavatte accuse les mesures d’urbanisme de la nouvelle administration, qui conduisent à la destruction de logements trop insalubres à Saint-Sauveur, de 'ruiner le pauvre peuple'. Au lendemain de l’annexion, plusieurs décennies de misère s'abattent sur la ville. Le tisserand Chavatte subit de plein fouet, comme ses collègues marchands et sayetteurs, les tarifs douaniers instaurés par la France. (…) En 1688, il se lamente qu’'on ne gagne plus sa vie en travaillant'. Les prix, notamment ceux du pain, doublent en quelques mois. (…) Au début de l’année 1693, il laisse page blanche. Parmi ses derniers mots : ‘O Dieu, quelle cruauté’”.


Espagne et France signent leurs Oradour-sur-Glane

Extrait d’un encart titré De pillages en massacres : “En 1637, plus de soixante personnes sont brûlées vives dans l’église du village de Vrancourt en Artois, incendiée par des soldats espagnols. En 1651, des troupes françaises de Boulogne-sur-Mer incendient l’église de Norrent-Fontes avec de 100 à 150 habitants à l’intérieur.”


Deuxième temps au 18e siècle : l’effondrement

Le résultat ne se fait pas attendre : jamais nos régions ne retrouveront la prospérité économique ni le dynamisme culturel et intellectuel qui, un temps (long), furent leur marque. Le reste des Pays-Bas du Sud (future Belgique-Luxembourg) retombe dans les mains espagnoles, puis autrichiennes. Après Napoléon, les vainqueurs des guerres napoléoniennes recréent en 1815 un éphémère Koninkrijk der Nederlanden (Royaume-Uni des Pays-Bas), regroupant les Pays-Bas du Nord et la future Belgique. Du fait de l’autocratisme du roi et de ses maladresses répétées, de son refus de négocier les demandes du Sud, la Belgique se soulève en 1830 et proclame son indépendance. La Belgique assoit le français comme langue officielle. Cette domination fait naître le Mouvement Flamand (De Vlaamse Beweging), lancé dans un esprit romantique par des intellectuels, des artistes, des écrivains, notamment Hendrik Conscience, Albrecht Rodenbach et Guido Gezelle. En 1 siècle de combats culturels, il obtiendra l’instauration du néerlandais en Flandre.



Parmi les sources :

  • Les chambres de Rhétorique, Henri Librecht, écrivain et Académicien belge (La Renaissance du livre, 1948)

  • Orfèvrerie en Flandre, Guy Messiant et Christian Pfister (Westhoek-éditions : Jean Denise, 1980)

  • Nos Moulins — Flandres Hainaut Cambrésis, Jean Bruggeman (Actica Editions, 1971)

  • Les écoles flamande et hollandaise, Iouri Kouznetsov (Fratelli Fabbri Editori, Milan, 1970 ; Editions Princesse, Dessins et aquarelles des grands maîtres, 1976)

  • Rijksmuseum Amsterdam , Hermine Van Guldener (édité par Berthold Fricke, Editions Knorr & Hirth GMBH, Munich et Ahrbeck/Hannover, 1967)

Sans oublier les catalogues des grandes rétrospectives de peinture flamande et néerlandaise des années 1990 à Anvers (Antwerpen), La Haye (Den Haag), Amsterdam, Bruges (Brugge) ; j'en ai tiré les informations de cet article, appuyées par les sources acquises à ces occasions, notamment :

  • Van Dyck 1999 guide illustré pour les expositions, guide pour l’exposition Antoine Van Dyck 1599-1641 du Koninklijk Museum voor Schoone Kunsten Antwerpen (Antwerpen Open uitgeverij, 1999)

  • Tout l’ œuvre peint de Vermeer de Delft, Piero Bianconi (Rizzoli Editore Milano, 1967 ; traduit en français : Les classiques de l’art - Flammarion, 1968, 1985, 1996) ; la réédition de 1996 correspond à l’exposition majeure de Washington et La Haye (Den Haag), au Mauritshuis

  • Bruges et la Renaissance — De Memling à Pourbus, Maximiliaan P. J. Martens, catalogue pour l’exposition De Hans Memling à Pierre Pourbus, Memlingsmuseum, Oud-Sint-Janshospitaal Brugge, 1998 (Ludion / Flammarion / Stichting Kunstboek, 1998)

  • Albert et Isabelle, catalogue de l’exposition proposée par le musée du Cinquantenaire à Bruxelles (devenu le Musée Art & Histoire, dans le Parc du Cinquantenaire) à l’automne 1998, paru chez Brepols, sous les plumes de Luc Duerloo, commissaire (et professeur d’histoire à l’Université d’Anvers-Antwerpen, et Werner Thomas, commissaire-adjoint

  • Histoire des Pays-Bas des origines à nos jours, Thomas Beaufils, docteur en ethnologie et anthropologie sociale, maître de conférences en civilisation des pays néerlandophones à l'Université de Lille (Tallandier, 2018). Sur notre histoire, à la fois le meilleur ouvrage, le plus récent, le plus agréable à lire.

En complément, cf. bas de page de l'article FRANCS, GHILDES, BEFFROIS, PRIMITIFS. D'OÙ VENONS-NOUS ?

De lage landen, Stichting Ons Erfdeel, 2021.
De lage landen, Stichting Ons Erfdeel, 2021.

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